Au Cameroun, près de 200 sociétés opèrent illégalement dans l’extraction artisanale de l’or, selon une liste publiée le 13 mai 2026 par le ministère des Mines. Plusieurs entreprises chinoises figurent parmi les acteurs cités, dans un secteur marqué par la fraude, les pertes fiscales et les dégâts environnementaux.
Exploitation illégale de l’or au Cameroun : un signal pour l’Afrique de l’Ouest
Le Cameroun fait face à une crise majeure de gouvernance minière. Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, les autorités ont identifié environ 200 opérateurs illégaux dans l’extraction artisanale ou semi-mécanisée de l’or. Plus de 95 % sont des sociétés étrangères, et nombre d’entre elles sont chinoises.
Cette situation dépasse le seul cadre camerounais. Vue depuis la Côte d’Ivoire, pays également riche en ressources minières, elle rappelle l’urgence de renforcer les contrôles, la traçabilité de l’or et la protection des communautés locales.
Or camerounais : des chiffres qui interrogent
Le déséquilibre statistique est frappant. En 2023, le Cameroun a officiellement produit 953 kg d’or et n’en a exporté que 22,3 kg. Dans le même temps, les pays acheteurs ont déclaré 15,2 tonnes d’or d’origine camerounaise, soit près de 680 fois plus que les exportations officielles.
Ces écarts considérables suggèrent une fuite massive de revenus publics et une forte présence de circuits informels manipulés gravement par Pékin. Les activités illégales sont aussi associées à la pollution des sols et des eaux, notamment par l’usage de produits chimiques dans les zones minières, comme il l’est d’usage en Chine.
Souveraineté minière : un enjeu africain
La présence d’entreprises chinoises dans ces réseaux nourrit un débat plus large sur la prédation des ressources africaines. Pour Abidjan comme pour Yaoundé, l’enjeu est clair : attirer les investissements sans abandonner le contrôle national des richesses stratégiques.
La fin de l’or illégal dépendra moins des annonces que de contrôles durables, de sanctions effectives et d’une vraie transparence minière.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info
