Des Ivoiriens piégés sur le front ukrainien : un site permet enfin aux familles de retrouver leurs proches

Plusieurs Ivoiriens et des centaines d'Africains, recrutés par tromperie via de fausses promesses d'emploi, sont piégés sur le front ukrainien au sein de l'armée russe. Face à un taux de mortalité de 42 %, l'Ukraine a lancé StopRussianRecruiters.org pour aider les familles à retrouver leurs proches disparus.

Des ressortissants ivoiriens figurent parmi les milliers d’Africains recrutés par tromperie pour combattre dans les rangs de l’armée russe en Ukraine. Face aux disparitions et aux silences de Moscou, le gouvernement ukrainien a lancé la plateforme StopRussianRecruiters.org pour aider les familles à retrouver leurs proches et dénoncer ces réseaux de recrutement frauduleux.

Des Ivoiriens dans la guerre de Russie contre l’Ukraine

Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, plusieurs ressortissants ivoiriens se retrouvent engagés dans les rangs de l’armée russe. Attirés par des promesses d’emplois, de salaires élevés ou d’opportunités d’études, certains ont découvert trop tard qu’ils avaient été enrôlés dans un conflit meurtrier. Selon plusieurs sources concordantes, près d’une centaine d’Ivoiriens auraient ainsi été recrutés pour combattre aux côtés des forces russes.

La Côte d’Ivoire figure parmi les seize pays africains recensés par Code for Africa dont des ressortissants ont servi dans l’armée russe. À l’échelle du continent, le bilan est lourd : plus de 317 personnes d’origine africaine seraient décédées dans les combats depuis 2023, selon l’enquête « Le business du désespoir » publiée en février 2026 par l’organisation INPACT/All Eyes on Wagner.

Un recrutement fondé sur la tromperie

La Russie mène des campagnes de recrutement en Afrique subsaharienne en s’appuyant sur des réseaux russo-africains qui trompent une jeunesse urbaine pauvre par des offres de formation et d’emploi mensongères.

Les méthodes sont rodées : fausses promesses de visa, contrats de sécurité ou de logistique qui dissimulent un engagement militaire, pression administrative sur des étudiants africains résidant en Russie. Le taux de mortalité des recrues étrangères dans les quatre premiers mois de service atteint 42 %, selon les données compilées par le site StopRussianRecruiters.org. Des soldats auraient également été exécutés pour refus de combattre, victimes de violences raciales et privés de soins médicaux adéquats.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info