ESCA Business School : le plan d’Adama Diawara


Le rideau est tombé sur les célébrations du cinquantenaire de l’ESCA, le vendredi 12 juin 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire. À cette occasion, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Adama Diawara, a transformé le projet d’ESCA Business School en un véritable engagement d’État. Objectif : freiner la fuite des cerveaux et faire de la Côte d’Ivoire le hub régional de la formation d’élite.

L’urgence d’une rupture

Adama Diawara a exposé un diagnostic sur la situation de l’emploi en Côte d’Ivoire. Si le taux de chômage national global s’établit à 4,7 %, chiffres du Bureau international du travail (BIT) au troisième trimestre 2025, il grimpe à 13,7 % lorsque l’on isole uniquement les diplômés de l’enseignement supérieur. Pour le ministre, la solution passe par une transformation radicale des mentalités et des cursus académiques.

« Si nos diplômés ne comptent que sur la fonction publique et les entreprises privées établies, on ne peut pas s’en sortir. Il faut penser à l’auto-emploi, il faut penser à l’entrepreneuriat.», a-t-il suggéré. Cette vision est déjà inscrite dans la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur qui impose désormais un socle commun de trois compétences dès l’obtention de la licence : l’entrepreneuriat, l’anglais et l’informatique.

Fin de la fuite des cerveaux

L’urgence économique derrière la création de l’ESCA Business School s’appuie sur des statistiques frappantes révélées par le ministre. Sur les diplômés de l’ESCA ayant intégré HEC Paris, le taux de retour au pays est de zéro. Sur 58 étudiants ivoiriens admis à l’École Polytechnique en France, un seul a regagné la Côte d’Ivoire.

Pour contrer cette fuite systémique des compétences, l’État mise sur une formation d’excellence endogène. En recrutant des enseignants de haut niveau (ivoiriens et internationaux) directement sur place, la Côte d’Ivoire compte réduire le coût unitaire des cursus tout en retenant ses talents.

Un modèle basé sur le mérite

Le futur statut de l’école sera formalisé via une modification du décret portant organisation et fonctionnement de l’INPHB. Concernant le modèle économique de la Business School, Adama Diawara s’est montré catégorique sur la préservation des standards de sélection.

«Il ne faut pas en arriver à la sélection par l’argent. Même si votre papa a les moyens de vous inscrire, il faut que vous ayez le niveau pour accéder à l’école.», a-t-il tranché.

Le financement de l’institution reposera sur un équilibre public-privé. Pour les boursiers, l’État s’engage à financer la totalité des frais de scolarité. Pour les non-boursiers, le coût réel de la formation de haut niveau sera pris en charge par les familles ou par des entreprises mécènes.

Yaya K