Mesure d’audience des médias : la Côte d’Ivoire lance la phase pilote dans 6 villes

La Côte d'Ivoire lance une phase pilote historique de mesure scientifique d'audience des médias audiovisuels dès le 22 juin, après la formation des enquêteurs du 15 au 19 juin. Porté par la HACA dans six villes clés, ce projet met fin à la publicité "à l'aveugle".

Pendant des années, les médias ivoiriens ont vendu de la publicité à l’aveugle. C’est terminé. À partir du 22 juin, des enquêteurs sillonneront six villes du pays pour mesurer, pour la première fois de façon scientifique, ce que les Ivoiriens écoutent, regardent et consomment. Un chantier historique piloté par la HACA.

La Côte d’Ivoire s’apprête à poser un regard neuf sur ses propres habitudes médiatiques. Du 15 au 19 juin, les enquêteurs chargés de cette mission inédite entrent en formation. Dès le 22 juin, ils seront sur le terrain dans six villes : Abidjan, Bouaké, Daloa, Korhogo, San Pedro et Abengourou.

L’opération est portée par la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) et conduite par Think-tank Media. Elle aboutira à la mise en place du tout premier dispositif national permanent de mesure d’audience des médias audiovisuels du pays.

Cinq jours pour former des équipes au cordeau

Durant cinq jours, les enquêteurs seront aguerris aux réalités du terrain : conduite d’entretiens en face-à-face, sélection rigoureuse des ménages et des répondants, maniement des outils numériques de collecte, contrôle qualité et prévention de la fraude. Neutralité, confidentialité et rigueur constituent les piliers de cette formation, complétée par des simulations en conditions réelles.

Une phase pilote pour tester le dispositif de bout en bout

Le déploiement du 22 juin n’est pas encore le grand soir : il s’agit d’une phase pilote destinée à éprouver l’ensemble de la chaîne, depuis la sélection des foyers jusqu’au traitement des données collectées. Les six villes retenues offrent un échantillon représentatif de la diversité géographique et démographique du pays. Les enseignements tirés de cette étape permettront, si besoin, d’affiner les procédures avant le déploiement national définitif.

Des questions simples, enfin des réponses chiffrées

Quels médias captent le plus l’attention des Ivoiriens ? À quelle heure les audiences atteignent-elles leur pic ? Comment la télévision, la radio et les plateformes numériques se partagent-elles les usages ? Quelles différences observe-t-on selon les tranches d’âge, les régions, les catégories sociales ? Jusqu’ici, personne ne pouvait répondre à ces questions avec des données solides. Ce temps est révolu.

Un outil qui change la donne pour tout le secteur

Pour les chaînes et les radios, disposer de chiffres d’audience fiables, c’est pouvoir ajuster les programmes à ce que les publics attendent réellement, et non à ce qu’on suppose qu’ils attendent.

Pour les annonceurs et les agences de communication, c’est mettre fin aux achats d’espace à l’intuition et allouer les budgets publicitaires sur la base de performances vérifiables.

Pour les pouvoirs publics et la HACA elle-même, c’est disposer d’un tableau de bord objectif pour observer les mutations du paysage audiovisuel et orienter la régulation du secteur.

Pour les chercheurs et universitaires, c’est enfin une source de données structurées sur l’évolution des usages médiatiques en Côte d’Ivoire.

La HACA trace un sillon durable

À travers ce projet, le président de la HACA, Me René Bourgoin, voit s’ouvrir une nouvelle ère pour l’audiovisuel ivoirien. Le pays rejoint ainsi les standards en vigueur sur les marchés médiatiques qui comptent : des données indépendantes, régulièrement actualisées, reconnues par l’ensemble des acteurs.

Les ménages qui seront sollicités par les équipes d’enquêteurs dûment identifiés sont invités à leur réserver un accueil favorable. C’est leur participation qui donnera toute sa valeur à ce premier portrait sonore et visuel de la Côte d’Ivoire.

Philippe Kouhon