Élu, le 2 décembre 2023 à la tête de la Fédération Ivoirienne de Basket-ball (FIBB), Moussa Diarra vient de boucler récemment sa troisième saison. Au terme de la saison 2025-2026, il a accepté de se confier à à afrikipresse.fr. pour lui, le basket-ball est en progression en Côte d’Ivoire.
Afrikipresse.fr : quel bilan dressez-vous de la saison 2025-2026 qui vient de prendre fin ?
Moussa Diarra : je peux indiquer que nous avons eu une très belle saison. Elle a débuté en décembre 2025 et a pris fin à la mi-mai 2026. Ce fut une saison pleine et entière dont le dénouement a montré le niveau de notre championnat qui attire aujourd’hui de nombreux étrangers et de bons joueurs ivoiriens évoluant dans les pays du Nord de l’Afrique et en Europe. Une bonne saison avec des matchs qui ont pris fin très souvent par une différence au score d’un ou de deux points. Nous pouvons donc affirmer que nous sommes largement satisfait de la saison.
Afriki : Comparativement à la saison dernière pensez-vous avoir noté quelque chose de particulier cette saison ?
MD : Naturellement. Nous avons noté que les clubs se professionnalisent. De plus, de nombreux clubs allouent un minimum de salaire à leurs joueurs ce qui se ressent sur le niveau de la compétition. Comparativement à la saison dernière, nous avons vu que quatre ou cinq clubs pouvaient prétendre au titre national qui n’était d’ailleurs pas décidé par avance. Il y a la salle de jeu qui a été rénovée et qui donnait envie de jouer sans oublier de mentionner que le public a plus répondu en grand nombre aux play-offs. Malgré les entrées payantes, la salle a refusé du monde.
Vos champions et vos vainqueurs de la Coupe Nationale ont-ils le niveau d’aller véritablement à la conquête des trophées africains ?
Bien sûr que nos équipes ont le niveau continental. Le problème qui biaise le niveau continental reste les moyens. Quand on prend la Basket-ball Africa League (BAL), il y a sept équipes qualifiées par avance alors que nos équipes doivent nécessairement passer par deux tours préliminaires avant de rejoindre la Conférence en cas de qualification. Vous remarquez donc que nos équipes dépensent énormément. Pendant que les équipes déjà qualifiées ont le temps de réunir de gros moyens qu’elles injectent dans la Conférence en recrutant des joueurs de qualité évoluant hors du continent pour concurrencer nos équipes. Si on part sur un pied d’égalité, je peux affirmer que nos équipes peuvent aller chercher le trophée continental.
Quel est actuellement leur niveau des dames ?
Chez les dames également nous avons eu droit à un bon championnat. L’équipe championne de la saison a en son sein la meneuse titulaire de la sélection nationale du Mali qui est vice-championne d’Afrique. Nous avons des professionnelles qui jouent en première division française comme laeticia sahié et toutes ces dames venues d’autres pays renforcer l’équipe championne de Côte d’Ivoire. Mais cela ne veut pas dire qu’elles ont dominé la finale de bout en bout qui s’est jouée à un ou deux points. C’est pour vous dire que le niveau des dames prend du volume mais il faut qu’au plan local, nous continuions de former des joueuses de sorte à ne plus compter toujours sur des joueuses professionnelles.
D’où l’appel que vous lancez pour la mise en place de centres de formation modernes et dignes de nom ?
Exactement mais au delà de cela, c’est surtout le championnat national des espoirs que nous avons mis en place afin de permettre aux jeunes filles après 18 ans de continuer à etre performantes. Nous sommes également dans un processus de formation des entraineurs. Il faut que nous ayons des entraîneurs qui puissent faire passer un autre cap aux joueurs après 18 ans. Parce nous avons des talents mais que nous perdons en chemin parce que parfois les entraîneurs n’arrivent pas à assurer convenablement leur passage d’un cap à un autre et après nous nous retrouvons avec du gâchis.
Pensez-vous qu’il y a un objectif que vous n’avez pas pu atteindre cette saison.
Oui, c’est toujours la question du public qui n’est pas présent de manière régulière mais qui n’arrive seulement qu’aux play-offs. Donc nous essayons de réfléchir à une stratégie pour attirer le public durant toute la saison et non pas seulement aux play-offs. Il y a également la question de la diffusion de nos compétitions sur les différentes chaînes de télévision pour attirer un peu plus de monde.
Fils du basket-ball et aujourd’hui président de fédération, avez-vous le sentiment que la discipline évolue au fil du temps ?
Oui les choses évoluent positivement et sûrement non pas au rythme que nous aurions souhaité. Mais de manière générale, la discipline connaît une évolution positive. Aujourd’hui, nous avons nos U17 garçons et filles qui sont au Mondial ce qui n’était jamais arrivé. Ce qui est encourageant est que ces joueurs sont formés au niveau local. Il y a également de nombreux jeunes formés dans nos centres qui évoluent en première et deuxième divisions, c’est le signe d’une évolution notable. Nous avons de plus en plus de techniciens diplômés et qui s’intéressent à leur perfectionnement à tel point que quand il y a une session de formation, il y a un engouement tel que nous sommes obligés de filtrer. Leur volonté d’apprendre et leurs taux de réussite commencent à augmenter. Ce qui est déjà positif. Petit à petit nous y arriverons.
La saison prochaine, il y aura les compétitions internationales. Attendez-vous à de belles performances des sélections nationales et des clubs ivoiriens ?
Déjà cette année, au niveau des sélections nationales, nous sommes surbookés cet été. Nous avons deux Championnats du Monde U17 garçons et filles auxquels nous participerons, nous avons également deux fenêtres qualificatives seniors pour la Coupe du Monde au Qatar. Ces compétitions sont chargées pour nous. A cela, s’ajoute l’Afrobasket U18 garçons et filles que nous organisons ici en Côte d’Ivoire. Cela fait cinq compétitions auxquelles nous devons faire face durant les trois mois de l’été. Pour l’année prochaine, si nous nous qualifions pour la Coupe du Monde des seniors, nous remettrons le couvert, nous aurons également l’Afrobasket U16 garçons et filles et si les U18 sont qualifiés pour la Coupe du Monde, nous aurons à jouer encore cette compétition. Aujourd’hui, nous avons dans notre calendrier, des été rouges avec de grosses compétitions. Tout cela est à notre actif car c’est celui qui travaille qui obtient tous ces résultats.
Tout cela demande énormément de moyens matériels et financiers n’est-ce pas ?
Effectivement mais nous sommes accompagnés par notre ministère de tutelle. Il y a la Direction des Sports qui suit nos compétitions à la lettre et les instructions de notre ministre de tutelle, Adjé Silas Metch qui veille à ce que la Côte d’Ivoire brille sur tous les fronts au plan international. C’est cette politique que nous essayons de mettre en application.
Devrons-nous nous attendre à des innovations la saison prochaine ?
Bien sûr mais je vais garder la primeur de l’information aux clubs et c’est après cela que nous la diffuserons.
Ces innovations porteront-elles sur quel plan ?
Sur tous les plans mais je m’arrête là pour le moment (rire).
Après trois années sur les quatre que vous ont confiées les clubs, êtes-vous satisfait de votre parcours ?
Je pense avoir tenu toutes les promesses faites aux clubs. Mais cela ne veut pas dire que nous devons dormir sur nos lauriers, nous devons pérenniser et ajouter un plus pour que la discipline soit toujours au firmament.
Quel est le retour que vous avez des clubs ?
Les échos se manifestent lors des assemblées générales. Toutes les décisions soumises aux délégués sont adoptées et votées à l’unanimité cela veut dire qu’ils acceptent notre vision. Nous essayons d’avoir le maximum de transparence avec eux sur le plan financier et dans notre programme.
Entretien réalisé par Adou Mel
