Dans un entretien accordé au média Brut, le maire de New York, Zohran Kwame Mamdani, évoque la participation historique de 10 pays africians à la Coupe du monde 2026. Saluant les performances des équipes africaines, il souligne la ferveur des diasporas et son combat pour rendre les billets abordables aux classes populaires. Ci-desous la retranscrition de l’interview
Salut Brut, je suis Zohran Kwame Mamdani, le maire de la ville de New York.
L’Afrique a marqué l’histoire lors de cette Coupe du monde. 10 équipes, du jamais-vu en phase de groupes. Qu’avez-vous ressenti en prenant part à ce moment d’historique, surtout dans cette ville ?
Je trouve que c’était incroyable. Nous avons de nombreuses nations africaines ici à la Coupe du monde, dont certaines ont déjà participé aux dernières éditions, et pour d’autres, c’était la première fois, soit après une longue absence, soit la toute première fois.
Regarder le Cap-Vert au cours de ces dernières semaines a été incroyable. Voir l’Égypte revenir à la Coupe du monde pour la première fois depuis un certain temps et voir le Maroc reprendre là où il s’était arrêté en 2022. Il y a tellement de gens de cette ville originaires de ces pays qui ont leur foyer ici, c’est comme s’ils vivaient sur un nuage.
C’est censé être l’un des événements les plus populaires au monde. Mais les billets étaient chers, les gens devaient marcher jusqu’au stade. Quelles leçons tirez-vous de l’organisation de cet événement ?
Vous savez, l’une des choses que j’aime le plus dans le football, c’est qu’à la base, c’est un sport de travailleurs et nous devons nous assurer, alors que nous voyons la marchandisation de ce jeu, qu’il ne soit pas hors de portée des travailleurs. C’est pourquoi quand j’étais candidat à la mairie, j’ai parlé de l’importance du jeu avant l’avidité, de la façon de rendre les billets abordables, surtout pour les New-Yorkais, car nous avions vu lors des Coupes du monde précédentes que des réductions étaient accordées aux résidents des villes hôtes.
Et j’étais fier d’avoir œuvré pour obtenir un millier de billets à seulement 50 dollars chacun, ce qui inclurait un aller-retour gratuit vers le stade. Nous avons également rendu gratuites les fan zones de notre ville. Quand je suis entré en fonction, il était prévu de faire payer l’accès à ces fan zones. Nous voulions nous assurer que tout le monde puisse être là.
À l’approche des prochaines Coupes du monde, je pense qu’il faut toujours mettre l’accent sur l’accessibilité financière de ce sport, car c’est essentiellement ce qui rend ce sport si spécial.
Brut Africa a également rencontré les diasporas afro-américaines à Little Senegal ou à Astoria. Qu’avez-vous à leur dire, surtout dans ce climat social, ce climat politique ?
On a fait croire aux gens qu’ils devaient choisir, alors qu’en réalité, ce n’est pas le cas. On peut être tout à la fois. Et c’est précisément ce qui rend cette ville si spéciale. Et on voit bien ce que cela signifie pour tant de personnes à travers les performances de ces équipes, car ce n’est pas seulement une célébration de ces joueurs. C’est aussi une célébration de ces racines et de ces pays et de ces communautés.
Et je pense que pendant trop longtemps, les gens ont été amenés à penser qu’ils devaient cacher une partie d’eux-mêmes pour s’intégrer à cette ville. Et en vérité, ce qui rend la ville si spéciale, c’est que l’on peut pleinement soi-même et tout étant New-Yorkais. Et cet été a été une célébration de cela.
