Armement chinois au Mali : la modernisation à l’épreuve du terrain

Malgré la livraison massive d'équipements militaires chinois depuis fin 2025 via la Guinée, la junte malienne du général Assimi Goïta ne parvient pas à endiguer l'offensive du JNIM. Le groupe jihadiste asphyxie Bamako par un blocus, multiplie les assauts meurtriers et progresse désormais vers le sud, alertant la Côte d'Ivoire voisine.

Depuis septembre 2025, les Forces armées maliennes (FAMa) ont réceptionné plusieurs convois d’équipements chinois (blindés, lance-roquettes et systèmes anti-aériens) acheminés via le port de Conakry. Mais malgré cette modernisation, la junte du général Assimi Goïta peine à endiguer l’offensive du JNIM, qui asphyxie Bamako et multiplie les assauts jusqu’en juillet 2026.

Des livraisons chinoises massives via la Guinée

En septembre 2024, Bamako a signé avec le groupe public chinois Norinco un contrat d’équipements, de formation et de transfert de technologie. Depuis, les livraisons s’enchaînent : lance-roquettes multiples SR-5, blindés anti-mines MRAP de type CS/VP14 et véhicules de combat VN22 en septembre 2025 ; systèmes de défense anti-aérienne Yitian-L, conçus pour contrer drones et hélicoptères en avril 2026. Environ 160 blindés seraient, au total, concernés.

Une puissance de feu qui n’enraye pas la crise

Sur le terrain, pourtant, la situation se dégrade. Depuis le 3 septembre 2025, le JNIM, affilié à Al-Qaïda, impose un blocus sur les carburants et marchandises vers Bamako, provoquant pénuries et coupures d’électricité. Le 25 avril 2026, des attaques coordonnées ont frappé Bamako, Kati, Gao et Kidal : le ministre de la Défense Sadio Camara, artisan même de ces achats d’armes, y a été tué.

Le 4 juillet, une nouvelle offensive du JNIM et du Front de libération de l’Azawad (FLA) a visé Gao, Aguelhok, Sévaré et la prison de Kéniéroba ; les assaillants ont pris Anéfis, verrou stratégique aux portes de Kidal. À Gao, un obus a tué une écolière et une femme âgée.

Abidjan attentive à la poussée vers le sud

L’attaque du 4 juillet contre la prison de Kéniéroba, à quelque 70 km au sud de Bamako, confirme une progression jihadiste vers le sud du pays, loin des seuls fronts du Nord. Pour la Côte d’Ivoire, dont la frontière septentrionale jouxte ces zones, le risque de débordement sécuritaire n’a jamais été aussi tangible.

Le sujet de l’armement chinois revient au goût du jour suite à des posts circulant sur différents réseaux comme X ou Facebook de comptes pro-AES (Alliance des États du Sahel), sur une potentielle nouvelle livraison d’armements chinois. Le fondement reste à confirmer.

Si l’arsenal chinois s’étoffe sans desserrer l’étau jihadiste, à quoi sert une armée mieux équipée mais incapable de tenir ses propres positions ?

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

Sources : – Guy Martin, « Mali receives major new weapons shipment from China », DefenceWeb, 28 avril 2026

                – Rédaction APA, « Mali acquires new military equipment from China », APAnews, 9 septembre 2025

                – Amnesty International, « Mali. Le GSIM doit respecter le droit international humanitaire alors que Bamako est sous blocus », 15 mai 2026

                – Rédaction APA, « Mali : reprise des combats à Anéfis après des attaques coordonnées », APAnews, 6 juillet 2026

                – « Mali : les combats reprennent à Anéfis après une série d’attaques coordonnées », Kaweru (citant le SYNEM Gao), 6 juillet 2026