Annoncé comme un sérieux prétendant à la présidence de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Malick Tohé, premier vice-président du Comité exécutif sortant, ne sera finalement pas candidat. Il a choisi de soutenir le président sortant, Idriss Diallo, dans la perspective d’un nouveau mandat de quatre ans. Afrikipresse.fr revient sur les raisons de ce revirement et sur les concessions obtenues par chaque camp.
Longtemps annoncée, la « bataille des amis » entre Idriss Diallo et son premier vice-président n’aura finalement pas lieu. Au grand désarroi des partisans de Malick Tohé, ce dernier a renoncé à briguer la présidence après plusieurs semaines de négociations avec le camp du président sortant. Les discussions ont abouti à un accord de consensus en vue d’un nouveau mandat de quatre ans, avec à la clé d’importantes avancées pour le camp Tohé dans la gouvernance de l’instance fédérale.
Selon les termes de cet accord, Malick Tohé verrait ses prérogatives considérablement renforcées. Actuel premier vice-président, il devrait accéder au nouveau poste de vice-président senior, une fonction qui serait créée et officialisée lors d’une Assemblée générale organisée après les élections.
Par ailleurs, la Ligue de Football Professionnel (LFP) devrait compter un vice-président issu de son camp, avec des pouvoirs élargis afin d’améliorer le fonctionnement de cette structure, régulièrement critiquée par plusieurs présidents de clubs pour ses insuffisances notoires.
Le compromis porte également sur la composition du futur Comité exécutif. Idriss Diallo et Malick Tohé disposeranont chacun de dix membres, dont deux vice-présidents. Les cinq autres membres seront désignés d’un commun accord. Le camp Tohé devrait ainsi proposer plusieurs nouveaux visages, notamment des présidents de clubs, des personnalités issues des milieux économique et financier, ainsi qu’une représentante du secteur des médias. Ces différentes personnalités devraient être dévoilées lors du dépôt officiel des dossiers de candidature.
La Direction Exécutive de la FIF va également connaître des changements notables. Il s’agissait d’ailleurs de l’une des principales exigences du camp Malick Tohé, soutenu par un nombre important de membres actifs. Les négociations ont donné lieu à plusieurs séances de travail auxquelles ont pris part quatre membres du gouvernement ivoirien, notamment Anne Ouloto (Fonction publique), Adjé Silas Metch (Sports), Mamadou Touré (Promotion de la Jeunesse) et Dosso Adama (ministre délégué chargé des Affaires étrangères).
Selon nos informations, ces discussions ont été engagées à la demande du président sortant, Idriss Diallo, confronté à des dissensions au sein de son propre Comité Exécutif. Pour les émissaires du gouvernement, préserver l’unité de l’équipe dirigeante apparaît indispensable afin d’éviter une nouvelle fracture au sein de la famille du football ivoirien, quatre ans après les tensions ayant marqué les élections de 2022.
Adou Mel
