À Saint-Casimir, le Festival de films Portneuf pour l’environnement (FFPE) fait dialoguer cinéma, environnement et ouverture sur le monde

Du 5 au 9 août 2026, la 22ᵉ édition du Festival de films Portneuf pour l’environnement s’est tenue à Saint-Casimir. Alliant cinéma, écologie et citoyenneté, l'événement a favorisé le dialogue culturel, notamment grâce à un partenariat avec Vues d’Afrique, affirmant la force du collectif face aux enjeux environnementaux majeurs.

Du 5 au 9 août 2026, l’Hôtel de ville de Saint-Casimir a accueilli la 22ème édition du Festival de films Portneuf pour l’environnement (FFPE), un rendez-vous culturel où le cinéma devient un espace de sensibilisation, de réflexion et de dialogue citoyen. Pendant cinq jours, projections, rencontres et activités participatives ont placé les enjeux environnementaux au cœur d’une programmation ouverte sur les cultures et les réalités du monde.

Les principales activités se sont déroulées à l’Hôtel de ville, faisant du cœur de Saint-Casimir un véritable lieu de rencontres autour des grandes transformations qui façonnent notre rapport à l’environnement et à la société.

Fondé en 2004 par les rendez-vous culturels de Saint-Casimir, le FFPE s’est progressivement imposé comme un rendez-vous consacré au cinéma environnemental dans l’espace francophone. Au fil des éditions, projections-rencontres, conférences, ateliers jeunesse, expositions et activités participatives ont contribué à construire une identité singulière à la croisée de la création cinématographique, de la conscience environnementale et de l’engagement citoyen.

Le cinéma comme espace de dialogue

Pour Léo Denis Carpentier, directeur général et artistique, fondateur et promoteur du festival, cette 22ème édition s’inscrit dans une démarche fondée sur le collectif, l’humanisme et la solidarité. « Face aux fractures qui traversent nos sociétés, nous croyons plus que jamais à la puissance du collectif. Le cinéma nous rassemble, nous interroge et nous rappelle notre humanité commune. Cette 22e édition est donc une invitation à partager des œuvres, mais surtout à créer du lien, à faire vivre la solidarité et à défendre ensemble une culture ouverte sur le monde », souligne-t-il.

Madame Kotimi Guira et Monsieur Léo respectivement Responsable de programmation de festival vues d’Afrique et Directeur fondateur du FFPE
Madame Kotimi Guira et Monsieur Léo respectivement Responsable de programmation de festival vues d’Afrique et Directeur fondateur du FFPE. © DR

Le promoteur du FFPE insiste également sur la place centrale du public dans cette démarche, « le FFPE est avant tout une aventure humaine et citoyenne. Notre ambition est de faire du cinéma un espace de rencontre, de dialogue et d’ouverture sur le monde. L’engagement du public est au cœur de cette mission. Sans spectateurs, sans échanges et sans cette volonté collective de découvrir l’autre à travers les films, un festival perdrait une part essentielle de son sens. Nous croyons profondément à la capacité du cinéma de rapprocher les cultures, de susciter la réflexion et de créer des liens durables entre les peuples. »

Une ouverture internationale avec Vues d’Afrique

L’édition 2026 s’est également distinguée par une ouverture internationale renforcée. Le samedi 8 août, le FFPE a accueilli une sélection de quatre œuvres issues du Festival international de cinéma Vues d’Afrique, représenté à cette occasion par Kotimi Guira, responsable de la programmation.

À travers ces œuvres, le public a pu découvrir différents regards sur les réalités africaines, notamment autour de l’urgence climatique, des territoires, des mutations sociales et des formes de solidarité développées par les communautés locales.

Cette collaboration entre les deux festivals a ainsi apporté une dimension particulière à la programmation de cette 22ème édition. Pour Kotimi Guira, « la rencontre de deux festivals ne se limite pas à un partenariat institutionnel. Elle crée un dialogue entre leurs regards, leurs publics et leurs sensibilités artistiques, donnant ainsi à la programmation une profondeur et une singularité nouvelles. »

Cette passerelle entre Saint-Casimir et Montréal illustre surtout la capacité du cinéma à faire circuler les histoires, les expériences et les préoccupations environnementales au-delà des frontières.

Quand les films deviennent prétextes à la discussion

Au-delà des écrans, le FFPE entend surtout provoquer la rencontre et susciter la discussion. Son identité repose sur une conception humaniste du festival, pensé comme un espace d’échanges fondé sur le respect, la dignité, la liberté et la créativité.

Cette volonté de rapprocher les œuvres du public constitue l’une des signatures de l’événement. Ici, la projection n’est pas nécessairement une finalité. Elle devient souvent le point de départ d’une conversation, d’une réflexion ou d’un débat.

Dans la salle, les réactions des festivaliers témoignent de cette dimension collective. Geneviève Bilodeau, marraine du festival, présente depuis de nombreuses années résume ainsi son expérience, « ce que j’apprécie au FFPE depuis maintenant 22 ans, c’est que l’on ne vient pas seulement voir un film. On vient aussi écouter, échanger et confronter les points de vue. Les discussions après les projections et les ateliers prolongent véritablement l’expérience et nous amènent parfois à regarder autrement des réalités que nous pensions connaître. »

Un autre festivalier souligne, de son côté, la proximité particulière instaurée entre les œuvres et le public, « le FFPE crée une vraie proximité entre les œuvres et le public. On ressent une liberté de parole et un respect des différents regards. Chaque projection devient une occasion de réfléchir, de partager et parfois même de débattre. C’est cette dimension humaine et collective qui donne au festival toute sa singularité. »

Anick Lemay et une programmation ouverte sur le monde

Avec Anick Lemay, comédienne, autrice et scénariste, comme invitée d’honneur, une sélection internationale et des activités favorisant la proximité avec les publics, le FFPE 2026 confirme la vocation de Saint-Casimir à faire de la culture un outil de dialogue et de mobilisation.

Pendant cinq jours, le cinéma aura ainsi servi à la fois de miroir des transformations environnementales, de révélateur des réalités humaines et de point de départ pour imaginer collectivement d’autres manières d’habiter le monde.

Un festival tourné vers l’avenir

Au terme de cette 22ème édition, le FFPE entend poursuivre cette dynamique en consolidant son ancrage local tout en renforçant ses collaborations nationales et internationales. L’enjeu pour les prochaines éditions sera notamment de continuer à élargir les passerelles entre cinéma, environnement, éducation et citoyenneté tout en attirant de nouveaux publics et en donnant davantage de visibilité aux cinématographies porteuses de regards différents sur les transformations de notre planète.

En misant sur la force du collectif, la circulation des œuvres et le dialogue entre les cultures, le FFPE affiche ainsi une ambition qui dépasse le simple cadre d’un festival de cinéma, devenir durablement un espace où les films permettent de comprendre le monde, d’en débattre et peut-être, de contribuer à le transformer.

Lassina BAMBA