Numérisation de l’administration ivoirienne :  59 services prioritaires d’ici fin 2026 ont été retenus


L’atelier national de priorisation des services publics à numériser a pris fin le vendredi 4 septembre 2026, après deux jours de travaux, en identifiant 59 services à digitaliser d’ici la fin 2026. Lors de la cérémonie de clôture, le ministre de la Transition numérique et de l’innovation technologique, Djibril Ouattara, a posé comme condition à la numérisation de l’administration publique la mise en œuvre d’un cadre de gouvernance solide.

59 services prioritaires immédiatement 

Le directeur général de la Société nationale de développement informatique (SNDI), Nongolougo Soro, avait d’abord livré les chiffres. Sur 620 services publics recensés, 140 ont été analysés en profondeur par neuf groupes de travail. 59 d’entre eux, jugés à fort impact, doivent être priorisés immédiatement. 

Cinq infrastructures communes reviennent systématiquement : identité numérique, échange de données, passerelle de paiement unique, services de confiance et registres de référence. 10 réalisations rapides sont attendues d’ici fin 2026 : authentification des diplômes, preuve de vie numérique des retraités, dossier patient informatisé, ou encore boîte postale numérique. Au total, un portefeuille d’une centaine de services prioritaires reste à confirmer.

Un diagnostic sans détour

Le constat est frontal. L’État souffre d’une fragmentation des plateformes, d’un manque d’interopérabilité et de l’absence d’identité numérique unique. D’où l’exigence, selon le DG de SNDI d’« une super app, un seul portail d’accès unique pour tous les services publics ».

C’est sur ce fil que le ministre a construit son intervention. Il a averti : « si on n’a pas un cadre de gouvernance, on ne pourra rien faire ». Djibril Ouattara plaide pour la relance du Conseil national du numérique (CN Digit). 

Trois décrets sont sur la table : deux pour la gouvernance, un troisième pour normaliser la fonction de directeur des systèmes d’information dans chaque ministère. Pour filtrer les projets, un seuil d’un milliard de FCFA est avancé.

Le début du commencement

Le ministre a livré une critique sans ménagement des pratiques passées. Trop de projets ont été montés à l’envers, pour capter un financement disponible plutôt qu’à partir de besoins clairement définis. 

Il a cité un projet d’appui à l’administration électronique d’une soixantaine de milliards de francs CFA, un autre d’accélération digitale de 94 milliards, un réseau de fibre optique modernisé « dans lequel aucun service ne passe », et un centre de données financé des années plus tôt, « jamais exploité », dont l’opérateur public devra bientôt rembourser cinq milliards par an. « On peut faire mieux en travaillant ensemble », a-t-il répété.

Djibril Ouattara a aussi appelé les entreprises locales à se saisir des programmes IvoirTech Next15, IvoirTech Skill Up et GovTechLab, plaidant pour un « contenu local » capable de bâtir les futures infrastructures, y compris dans l’intelligence artificielle. « On a le devoir, en tant que gouvernement, de créer un écosystème autour de nous » où la compétence « est retenue en Côte d’Ivoire ».

L’ambition affichée de 700 services coordonnés en trois ans, une administration « zéro papier » en 2030 se heurtera moins à la technologie qu’à la coordination d’un État morcelé. « Ce qu’on ne sait pas faire, c’est de travailler ensemble », a reconnu le ministre, qui a présenté ces deux journées comme « le début du commencement » de la connexion qu’il réclame entre les institutions.

Avec Sercom