Élection à la FIF : les leçons d’un scrutin sans suspense

Réunie en Assemblée générale, la FIF a fixé l'élection présidentielle au 12 septembre 2026. Le président Idriss Diallo a présenté un bilan positif de quatre ans : 24 milliards FCFA investis, doublement du nombre de licenciés (20 190) et apurement des subventions aux clubs, marquant la transition de la reconstruction vers la transformation.

Réélu le samedi 12 septembre 2026 à une majorité écrasante par les membres actifs, Idriss Diallo, unique candidat à sa propre succession, dirigera la Fédération ivoirienne de football (FIF) de 2026 à 2030. Avec un tel résultat, le président réélu ne devrait pas rencontrer de difficultés majeures pour mettre en œuvre son projet baptisé « Transformer pour durer ». Toutefois, il devra également tenir compte des quinze clubs, toutes divisions confondues, qui n’ont pas accordé leurs suffrages à sa candidature.

Quinze clubs n’ont en effet pas voté en faveur du candidat unique, soit en exprimant un vote nul, soit en déposant un bulletin blanc. Un résultat qui s’inscrit dans le cadre d’un scrutin démocratique et surtout apaisé. Les 16 clubs de Ligue 1, les 28 de Ligue 2 et les 40 de Division 3, sans oublier les 5 Groupements, tous présents à Yamoussoukro pour prendre part au vote, ont diversement exprimé leur position à l’égard du projet présenté par le candidat unique, finalement reconduit pour les quatre prochaines années à la tête de la FIF.

Une large victoire, mais des voix à prendre en compte

Annoncé largement favori de cette élection, le patron du football ivoirien n’a effectivement pas éprouvé de difficultés à s’assurer une large victoire au terme du scrutin, même si certains clubs ont choisi de ne pas aller dans le même sens que la grande majorité.

À l’analyse des résultats, sur les 89 voix issues des différents votants, seuls les groupements d’intérêt ont fait le plein de leurs voix. Les arbitres, les entraîneurs et éducateurs, les médecins, les joueurs en activité et les anciens joueurs ont connu quelques défections de leurs suffrages en faveur d’Idriss Diallo. Chez les clubs de Ligue 1, sur les 16 votants, un bulletin nul et un bulletin blanc ont été enregistrés. Cela représente donc deux suffrages qui n’ont pas été exprimés en faveur du candidat unique.

En Ligue 2, sur les 28 votants, deux bulletins nuls et cinq bulletins blancs ont été dénombrés, soit sept suffrages qui n’ont pas bénéficié à Idriss Diallo. Du côté de la Division 3, le scrutin a enregistré deux bulletins nuls et quatre bulletins blancs sur les 40 voix, soit six suffrages non exprimés en faveur du président réélu.

Un scrutin révélateur

Ainsi, les clubs ont pu s’exprimer librement à travers un scrutin à bulletin secret, conformément aux dispositions prévues par les textes en cas de candidature unique. Par le passé, les élections à la FIF se déroulaient parfois par acclamation. Ce fut notamment le cas sous Jacques Anouma en 2017 et Sidy Diallo en 2020.

Le scrutin du 12 septembre aura donc permis de se faire une idée plus précise du nombre de membres actifs qui ne se reconnaissent pas, ou pas totalement, dans le projet du candidat unique. Au total, 26 suffrages n’ont pas été exprimés en faveur d’Idriss Diallo, soit ceux de 15 clubs sur les 84 clubs électeurs.

Un signal que le président réélu devra certainement prendre en considération au cours de son nouveau mandat. Ce nombre aurait même pu être plus important si, comme nous l’ont indiqué discrètement certains acteurs, des délégués avaient  » respecté les consignes arrêtées « .

Dans tous les cas, au-delà de l’ampleur de la victoire d’Idriss Diallo, ces suffrages constituent un avertissement et un signal à prendre en compte par la nouvelle équipe dirigeante de la FIF. Ils témoignent également de l’existence d’une diversité de positions au sein de la famille du football ivoirien, malgré l’absence de suspense autour de cette élection.

Adou Mel