Bachir Seck : « Les Africains doivent davantage travailler avec leur diaspora »


Présent à Montréal du 31 Août au 1er Septembre au Forum Afrique – Expansion (FAE) 2026 avec Kelimane SA, dont il est le chargé des relations internationales, Bachir Seck à travers cet entretien exclusif dresse un bilan concret de la participation de son entreprise à ce rendez-vous économique entre l’Afrique et le Canada. Le responsable sénégalais plaide pour un renforcement des synergies entre le continent et sa diaspora. Pour lui, l’Afrique doit davantage s’appuyer sur ses propres forces, ses entreprises et ses talents à travers le monde afin de construire des partenariats durables et créateurs de valeur.

Afrikipresse.fr : Pouvez-vous vous présenter et nous parler de Kelimane SA ?

Bachir Seck: Je suis Bachir Seck, chargé des relations internationales de Kelimane SA, une entreprise basée au Sénégal qui réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 50 millions de dollars.

Kelimane SA développe aujourd’hui sa présence en Afrique de l’Ouest. Nous sommes notamment implantés à Abidjan en Côte d’Ivoire à travers Kelimane Corporation, ainsi qu’au Bénin avec Kelimane Bénin et en Guinée-Bissau. Nous comptons également Kelimane SL Limited parmi nos implantations.

Notre participation au Forum Afrique-Expansion s’inscrit dans une démarche particulière. Nous ne voulions pas venir en simples participants. Nous avons choisi d’accompagner et de sponsoriser l’événement parce que nous estimons qu’il est important de soutenir les Africains du continent et de la diaspora qui prennent l’initiative de créer ce type de plateformes.

Ces espaces permettent de se rencontrer, d’échanger, mais surtout de créer des opportunités économiques et des passerelles entre l’Afrique et l’autre côté de l’Atlantique.

Quelles retombées concrètes tirez-vous de votre participation au Forum Afrique-Expansion ?

Nous n’avons clairement pas fait le voyage pour rien. Dès le 1er septembre, nous avons eu l’occasion de présenter notre entreprise et notre vision en français, mais également en wolof. C’était important pour nous, notamment parce que notre Directeur général ne s’exprime pas en français. Il a ainsi pu présenter directement sa vision dans sa langue.

Mais au-delà de cette présentation, nous repartons surtout avec des résultats concrets. Nous avons notamment avancé sur un protocole d’accord avec des partenaires de Nouvelle-Calédonie portant sur un portefeuille de projets estimé à 150 millions de dollars. Parmi ces projets figure une première opération de 7 millions d’euros dans le secteur de la pêche.

C’est un domaine que nous connaissons déjà, notamment à travers la fourniture de bateaux. Nous avons, par exemple, un contrat en cours avec le gouvernement du Congo-Brazzaville pour la fourniture de trois bateaux dans le cadre d’un projet d’un milliard. Lorsque cette nouvelle opportunité nous a été présentée, nous avons donc estimé qu’elle entrait parfaitement dans notre champ d’expertise.

J’avais d’ailleurs dit à nos interlocuteurs avec un peu d’humour que je ne pouvais pas effectuer 27 heures de voyage pour un projet de 7 millions d’euros ! Il fallait mettre sur la table quelque chose qui puisse réellement justifier un déplacement aussi long et coûteux.

Finalement, un portefeuille de projets de 150 millions de dollars nous a été présenté et nous avons signé le protocole d’accord dans la soirée du 1er septembre. C’est un résultat extrêmement concret de notre présence au Forum.

Messieurs Bachir Seck (d) et Mamarth Cissé (g) de Kelimane SA avec Marie Laure Konan (centre)

D’autres perspectives se sont-elles ouvertes à l’occasion de cette rencontre ?

Absolument. Nous avons enregistré un autre résultat dont nous sommes particulièrement satisfaits.

À la suite de la présentation de la délégation sénégalaise, notamment du ministère de l’Agriculture, notre Directeur général, Monsieur Mamath Cissé a pris l’engagement d’injecter 200 000 euros dans le projet qui lui a été présenté.

Nous repartons donc avec au moins deux résultats très concrets, d’une part, ce protocole d’accord autour d’un portefeuille de projets de 150 millions de dollars et d’autre part, cet engagement d’investissement de 200 000 euros.

Cela démontre que notre présence au Forum Afrique-Expansion n’était pas simplement institutionnelle ou protocolaire. Elle a permis de faire émerger de véritables perspectives d’affaires et d’investissement.

Au-delà des affaires, quel message souhaitez-vous adresser aux entrepreneurs africains et à la diaspora ?

Mon message est simple, les Africains doivent apprendre à compter davantage sur eux-mêmes.

Nous avons énormément de ressources, de compétences et d’opportunités entre nos mains. Nous devons davantage nous unir, croire en nos capacités et surtout apprendre à travailler ensemble.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut nous fermer au reste du monde. Au contraire, l’Afrique doit continuer à développer des partenariats internationaux. Mais nous devons d’abord renforcer les liens entre les Africains vivant sur le continent et ceux établis dans la diaspora. Nous devons mieux nous connaître, nous rapprocher et construire davantage de projets ensemble.

La diaspora est reconnue comme la sixième région de l’Afrique par l’Union africaine. Il faut désormais donner un contenu concret à cette vision et permettre aux Africains de la diaspora de prendre pleinement leur place dans le développement économique du continent.

Quel bilan faites-vous finalement de cette édition du Forum Afrique-Expansion ?

Le bilan est très positif. Nous sommes heureux d’avoir participé à cette édition du Forum Afrique-Expansion. Nous repartons avec des rencontres, des projets et surtout de nouvelles perspectives.

Pour Kelimane, l’aventure ne fait que commencer. Nous souhaitons poursuivre cette dynamique avec la PDG du Forum Afrique-Expansion, Marie-Laure Konan, que nous remercions sincèrement. Elle a beaucoup insisté pour que Kelimane ne manque pas ce rendez-vous de 2026.

Aujourd’hui, au regard des résultats obtenus et des perspectives qui s’ouvrent devant nous, nous pouvons dire que nous avons bien fait de venir.

Par Lassina BAMBA