Au sommet Africa Forward à Nairobi, deux voix du continent ont appelé ce lundi 11 mai 2026 à une transformation profonde des économies africaines à travers des politiques favorables aux entreprises, une meilleure intégration régionale et des investissements massifs dans les infrastructures stratégiques.
L’homme d’affaires et acteur politique ivoirien Jean‑Louis Billon et le directeur général du groupe malgache Axian Group, Hasni Irigi, ont insisté à cet effet sur l’urgence pour l’Afrique de passer du discours à l’action afin de transformer son immense potentiel économique en résultats concrets.
Pour Jean-Louis Billon, l’avenir du continent dépend avant tout de la capacité des États africains à créer un environnement propice au développement des entreprises. Ancien président de la Chambre de commerce et figure du secteur agro-industriel en Côte d’Ivoire, il estime que les gouvernements doivent simplifier les échanges commerciaux, réduire les lourdeurs administratives et soutenir les entreprises locales capables de devenir de véritables champions africains.
L’homme d’affaires ivoirien a notamment dénoncé les nombreux obstacles qui freinent encore le commerce régional malgré les mécanismes de la CEDEAO. Selon lui, les barrières douanières, les contrôles routiers et les difficultés logistiques continuent de pénaliser les opérateurs économiques ouest-africains.

Jean-Louis Billon a également plaidé pour une industrialisation basée sur la transformation locale des matières premières africaines. Il a pris l’exemple de ses activités dans l’huile de palme, le caoutchouc et la canne à sucre, soulignant que la création de valeur sur le continent constitue une réponse essentielle aux chocs internationaux et aux fluctuations du marché mondial.
Il a justifié son entrée en politique, par l’ambition de porter les questions de développement et le monde des affaires, au coeur des centres de décisions.
De son côté, Hasni Irigi a insisté sur la nécessité pour l’Afrique d’accélérer ses investissements dans les infrastructures énergétiques, numériques et financières. Le patron d’Axian Group, présent dans les télécommunications, l’énergie et les services financiers, estime que les déficits actuels du continent représentent surtout d’immenses opportunités de croissance.
Selon lui, l’Afrique doit rapidement s’adapter à un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, l’explosion des coûts logistiques et les bouleversements liés à l’intelligence artificielle. Il a notamment rappelé que moins de 50 % des Africains ont accès à l’électricité et que l’accès aux smartphones demeure encore limité dans plusieurs pays.

Hasni Irigi a appelé les gouvernements africains à adopter des réformes réglementaires ambitieuses afin d’encourager les investissements privés. Il estime que certains secteurs, notamment l’énergie, restent freinés par des réglementations trop restrictives empêchant les producteurs privés de transporter et distribuer librement l’électricité.
Le dirigeant d’Axian Group a également salué le rôle des institutions financières internationales comme la Banque mondiale, la SFI et la Banque africaine de développement dans le financement des grands projets d’infrastructures sur le continent.
Les deux intervenants ont enfin convergé sur un point majeur : l’Afrique doit désormais privilégier l’exécution rapide des projets et les décisions audacieuses. En citant l’exemple de la raffinerie géante de Aliko Dangote au Nigeria, Hasni Irigi a affirmé que le continent dispose des ressources humaines, financières et technologiques nécessaires pour devenir l’un des principaux moteurs de croissance mondiale dans les prochaines décennies.
Charles Kouassi avec Plaud AI et ChatGpt
