Bénin : un plan pour moderniser l’artisanat informel

Le Bénin a lancé la deuxième phase de son programme de qualification artisanale, doté de 1,18 milliard de FCFA. Portée par la CMA-Bénin, cette initiative vise à professionnaliser un secteur concentrant 90 % des emplois en introduisant le titre certifiant de maître artisan.


Le gouvernement béninois engage le 18 juin 2026 la deuxième phase d’un programme de qualification artisanale doté de 1,18 milliard de FCFA. Objectif : structurer un secteur qui concentre plus de 90 % des emplois du pays.
825 artisans visés, onze métiers ciblés

Pilotée par la Chambre des métiers de l’artisanat du Bénin (CMA-Bénin) avec l’appui d’un partenaire bilatéral, l’initiative court depuis décembre 2024. La première phase a permis de former 120 jeunes au certificat de qualification aux métiers et de renforcer 240 maîtres d’apprentissage dans huit filières.

La seconde, plus ambitieuse, doit qualifier 825 artisans et 120 formateurs supplémentaires. Onze corps de métiers sont visés : couture, maçonnerie, mécanique automobile, plomberie, soudure et huit centres seront équipés dans huit des douze départements du pays, dont l’Alibori, l’Atacora, le Borgou et le Zou.

Vers la reconnaissance du métier de maître artisan

Mesure phare : la création d’un titre de maître artisan. Ce grade entend rompre avec le modèle traditionnel maître-apprenti et ouvrir aux praticiens certifiés l’accès aux marchés publics, aux financements formels et, à terme, à la protection sociale. Le Bénin comptait 252 155 unités économiques actives en 2023, selon l’Institut national de la statistique. Le taux d’informalité, bien qu’en recul de 11,1 points depuis 2008, demeure à 85,9%.

L’expérience béninoise interpelle ses voisins. En Côte d’Ivoire, les artisans inscrits au régime de l’Entreprenant acquittent une taxe de 2 % de leur chiffre d’affaires, selon la Direction générale des Impôts. À Dakar, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a tenu en janvier 2025 un atelier sur les régimes simplifiés de régularisation. Partout, le défi est le même : certifier sans étouffer fiscalement les plus fragiles.

Le Bénin réussira-t-il à transformer ce titre en véritable levier de sortie de l’informel pour ses artisans

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info