Bouaké : la pose des plaques d’immatriculation enfin délocalisée


Fini les allers-retours vers Abidjan et les prétextes pour rouler sans plaque. Depuis ce mardi 8 septembre 2026, le Guichet Unique Automobile de Bouaké fabrique et pose lui-même les plaques d’immatriculation des engins à deux et trois-roues. Une avancée obtenue sur instruction du ministre des Transports et des Affaires Maritimes, Amadou Koné, qui est aussi le maire de la capitale du Gbêkê, et qui s’inscrit dans sa vaste offensive pour assainir et sécuriser sa commune.

Le changement était attendu par des milliers de conducteurs de motos et de tricycles à Bouaké. Depuis ce mardi, ils n’ont plus besoin de patienter des semaines, le temps qu’une plaque fabriquée à Abidjan fasse le trajet jusqu’au Gbêkê. Grâce au déploiement de la société EMICI, l’ensemble de la chaîne , fabrication et pose , se fait désormais sur place, au Guichet Unique Automobile de Bouaké. Dès la première journée d’activité, plusieurs milliers de nouvelles plaques ont été installées, un chiffre qui donne la mesure de l’ampleur des besoins accumulés et de la réactivité du dispositif mis en place.

Un verrou logistique qui saute enfin

Pendant longtemps, le circuit Abidjan-Bouaké a été présenté par de nombreux usagers comme un frein, voire une excuse commode, pour retarder l’immatriculation de leur engin. Délais d’attente, transport des plaques sur plus de 350 kilomètres, files d’attente à rallonge : autant de motifs qui alimentaient la circulation d’engins non identifiés dans les rues de la ville. Avec la production locale, cet argument tombe. Les motocyclistes et usagers de tricycles n’ont désormais plus aucune raison de circuler sans plaque réglementaire, la formalité pouvant être accomplie dans des délais nettement raccourcis, sans quitter Bouaké.

Pour les autorités municipales, l’enjeu dépasse la simple commodité administrative. Une ville où chaque engin en circulation est immatriculé et identifiable est une ville plus sûre : en cas d’accident, de vol ou d’infraction, l’identification du véhicule et de son propriétaire devient immédiate. C’est un maillon essentiel de la traçabilité routière, longtemps fragilisé par la lenteur du système centralisé sur Abidjan.

Une pièce supplémentaire dans la stratégie d’assainissement du maire Amadou Koné

Cette réforme ne surgit pas isolément. Elle s’inscrit dans la continuité d’une politique volontariste que mène depuis plusieurs mois le maire Amadou Koné pour remettre de l’ordre dans sa commune. Sécurité routière, lutte contre l’incivisme, mobilisation contre la prolifération des drogues : la municipalité multiplie les initiatives pour restaurer la discipline et la civilité dans l’espace public bouakéen.

La délocalisation de la pose des plaques vient compléter ce dispositif, en s’attaquant à l’un des maillons faibles de la régulation du transport à deux et trois-roues, secteur particulièrement exposé à l’anarchie et à l’informel.
En resserrant l’étau autour des engins non immatriculés, la municipalité se donne également les moyens de mieux encadrer un parc de motos et de tricycles en pleine expansion, souvent pointé du doigt dans les statistiques d’accidents de la circulation et parfois associé à des trafics illicites. L’identification systématique des engins constitue ainsi un outil de dissuasion et de contrôle supplémentaire pour les forces de l’ordre.

Un signal fort pour les populations du Gbêkê

Au-delà de l’aspect technique, cette réforme envoie un signal de proximité et d’efficacité de l’action publique. En rapprochant le service de l’usager, le Guichet Unique Automobile de Bouaké illustre une administration qui s’adapte aux réalités du terrain plutôt que d’imposer aux populations de lourdes contraintes logistiques. Pour les milliers de conducteurs concernés, la nouvelle est sans ambiguïté : la mise en conformité de leur engin est désormais plus rapide, plus simple et plus accessible et les excuses pour continuer à circuler hors des règles s’amenuisent chaque jour un peu plus.

avec Sercom