Championnat Africain de tennis des 12 ans et moins à Kamsar : La Guinée signe son retour et s’offre les victoires féminines et masculines


Organisé à Kamsar du 29 juin au 5 juillet 2026, le Championnat africain de tennis des 12 ans et moins (Zone Ouest 1) s’est conclu sur un doublé historique des équipes guinéennes, victorieuses chez les filles et les garçons. La fédération ambitionne désormais d’appuyer le développement de la jeunesse et d’accéder à la Classe B de la WT. Dans cet entretien, Mohamed Camara, secrétaire général de la fédération dévoile son plan, pour la future élite du tennis guinéen.

Le Championnat africain de tennis des 12 ans et moins s’est tenu au Club de Kamsar en Guinée. Présentez-nous cette compétition et les sont les pays qui ont pris part à la compétition ?

Le Championnat d’Afrique WT-CAT de la Zone Ouest 1 des 12 ans et moins est la plus importante compétition régionale de cette catégorie d’âge en Afrique de l’Ouest. Il est organisé conjointement sous l’égide de la Fédération Internationale de Tennis (WT), de la Confédération Africaine de Tennis (CAT) et de la Fédération Guinéenne de Tennis (FGT), avec l’appui du Ministère de la Jeunesse et des Sports de la République de Guinée. L’édition 2026 revêtait un caractère tout à fait exceptionnel, puisqu’il s’agissait de la toute première compétition internationale officielle de tennis organisée par la Guinée. Pendant plusieurs jours, la ville de Kamsar est devenue la capitale du tennis ouest-africain 1 en accueillant les meilleures sélections nationales de cette sous-région.

Six pays ont pris part à cette compétition : la Guinée, le Sénégal, le Mali, la Gambie, la Mauritanie et la Guinée-Bissau. Au-delà des résultats sportifs, cette compétition a été une formidable occasion de renforcer les liens d’amitié entre nos peuples et de promouvoir les valeurs éducatives du sport. Pour la Guinée, cette organisation représentait un défi majeur. Nous devions démontrer notre capacité à organiser un événement répondant aux standards internationaux de la WT et de la CAT. Ce défi a été relevé avec succès, grâce à l’engagement de tous les acteurs impliqués.

Sur combien de jours s’est étendu le championnat et quel était son objectif ?

Le championnat s’est déroulé du 29 juin au 5 juillet 2026, avec l’arrivée des délégations avant le début des rencontres le 1er juillet et une semaine consacrée aux compétitions sportives, aux échanges culturels et à la formation. L’objectif allait bien au-delà de la désignation des équipes championnes. Pour la Confédération Africaine de Tennis et la Fédération Internationale de Tennis, cette compétition constitue une étape essentielle dans le développement des jeunes talents de la sous-région.

Pour la Fédération Guinéenne de Tennis, elle poursuivait plusieurs objectifs stratégiques. Le premier était d’offrir à nos jeunes joueurs une expérience internationale à domicile. Le deuxième consistait à démontrer que la Guinée est aujourd’hui capable d’organiser des compétitions continentales dans le respect des exigences internationales. Enfin, cette compétition constituait une étape importante dans l’évolution institutionnelle de notre Fédération.

Après plusieurs années de reconstruction, elle représente un élément déterminant dans notre ambition d’accéder à la Classe B de la WT, ce qui permettrait à la Guinée de bénéficier d’un accompagnement renforcé et d’accéder à des compétitions internationales encore plus prestigieuses .

Comment transformer l’étincelle de ce championnat africain en une vocation majeure et durable pour la jeunesse ?

Un championnat, aussi réussi soit-il, ne transforme pas à lui seul une génération. En revanche, il peut déclencher des vocations.Notre responsabilité est de faire en sorte que cette émotion ne s’arrête pas avec la cérémonie de clôture.

Nous voulons que les enfants qui ont assisté aux rencontres puissent demain intégrer un club, découvrir le tennis à l’école ou participer aux programmes de détection organisés par la Fédération. Depuis plusieurs années, nous développons progressivement le tennis de base à travers des programmes d’initiation, la formation des éducateurs, le renforcement des clubs et la participation régulière aux compétitions africaines.

Notre ambition est de construire une véritable pyramide de développement, depuis l’école jusqu’au haut niveau.Le tennis ne doit pas être perçu comme un sport réservé à quelques privilégiés. Il doit devenir un outil d’éducation, d’épanouissement personnel et de promotion sociale pour toute la jeunesse guinéenne.

Peut-on avoir le résumé des différentes journées et des joueurs qui se sont distingués pendant ce championnat d’Afrique ?

Cette édition restera longtemps gravée dans la mémoire du tennis guinéen. Pendant toute la semaine, nous avons assisté à des rencontres d’un excellent niveau technique, disputées dans un remarquable esprit de fair-play. Toutes les délégations ont fait preuve d’un comportement exemplaire, démontrant que le tennis est aussi une école de respect, de discipline et de fraternité.

La plus grande satisfaction pour notre pays reste naturellement la victoire historique des équipes nationales guinéennes, sacrées championnes aussi bien chez les filles que chez les garçons. Ce doublé récompense plusieurs années de travail de formation, d’encadrement et de préparation.Au-delà des titres remportés, nous retenons surtout l’émergence d’une génération de jeunes talents africains particulièrement prometteurs qui, nous l’espérons, représenteront demain leurs pays au plus haut niveau du tennis mondial. Cette compétition a démontré que l’avenir du tennis africain est entre de bonnes mains.

Comment ce championnat est-il utilisé concrètement pour donner envie aux jeunes licenciés de persévérer ?

Le plus bel héritage de cette compétition ne réside pas uniquement dans les trophées remportés, mais dans l’inspiration qu’elle laisse à toute une génération. Voir des enfants de leur âge, porter les couleurs de leur pays, jouer devant leur famille et remporter un tournoi africain est une source de motivation extraordinaire pour les jeunes licenciés.

À la Fédération Guinéenne de Tennis, nous voulons capitaliser sur cet enthousiasme. Nous allons renforcer les compétitions nationales de jeunes, développer les écoles de tennis, poursuivre les actions d’initiation dans les établissements scolaires et multiplier les stages de perfectionnement. Notre ambition est que chaque jeune licencié comprenne qu’avec du travail, de la discipline et un bon encadrement, il peut lui aussi accéder à l’équipe nationale et représenter dignement la Guinée.

Quels critères scientifiques ou physiques privilégiez-vous pour repérer les champions de demain dès leur plus jeune âge ?

Aujourd’hui, le tennis moderne ne se limite plus aux qualités physiques. La détection des jeunes talents repose sur une approche globale. Nous observons bien sûr des qualités telles que la coordination, la vitesse de déplacement, l’équilibre, la motricité, la capacité d’apprentissage et le potentiel athlétique.Mais nous accordons tout autant d’importance aux qualités mentales : la concentration, le courage, la capacité à gérer les émotions, l’envie de progresser, l’esprit de compétition et le respect des valeurs sportives.

À 12 ans, un enfant n’est pas un champion accompli ; il est avant tout un potentiel à développer. Notre rôle consiste à l’accompagner progressivement afin qu’il puisse exprimer pleinement son talent.

Quel suivi scolaire la Fédération garantit-elle aux mineurs qui intègrent les pôles espoirs du tennis guinéen ?

Pour la Fédération Guinéenne de Tennis, la réussite sportive ne peut jamais se faire au détriment de la réussite scolaire.Nous encourageons fortement nos jeunes à poursuivre leurs études avec sérieux, car une carrière sportive est par nature incertaine, tandis que l’éducation demeure un acquis pour toute la vie.Notre objectif est de construire un modèle où sport et école avancent ensemble. Nous travaillons avec les familles, les entraîneurs et les établissements scolaires afin de permettre aux jeunes de concilier leurs obligations académiques et leurs exigences sportives. Nous souhaitons former non seulement de bons joueurs de tennis, mais aussi des citoyens responsables, instruits et capables de réussir leur avenir, quel que soit leur parcours sportif.

Quelles mesures fortes prend la Fédération pour rendre la compétition financièrement accessible aux jeunes de milieux modestes ?

C’est un enjeu majeur pour notre Fédération.Nous sommes conscients que le tennis est souvent perçu comme un sport coûteux. C’est précisément pour cette raison que nous développons des partenariats avec les institutions publiques, les entreprises privées et les organisations internationales afin de réduire les barrières financières.

Grâce au soutien de nos partenaires, nous pouvons progressivement améliorer l’accès au matériel, à l’encadrement technique et aux compétitions pour les jeunes les plus méritants.Notre ambition est simple : qu’aucun enfant ne renonce au tennis uniquement par manque de moyens financiers. Le talent existe partout. Notre responsabilité est de créer les conditions pour qu’il puisse s’exprimer, quelles que soient les origines sociales de nos jeunes.

Propos recueillis par Alain MARTIAL