Le Venezuela traverse l’une des plus graves catastrophes de son histoire récente. Le 24 juin 2026, un double séisme d’une violence exceptionnelle a frappé la côte nord du pays. Deux secousses successives, de magnitudes 7,2 puis 7,5, se sont produites en moins d’une minute, un phénomène sismique rarissime. La seconde, plus superficielle, a libéré une énergie considérable à proximité de la surface, provoquant des destructions massives dans plusieurs villes, notamment à Caracas.
Les bâtiments anciens, édifiés bien avant l’adoption de normes parasismiques modernes et rarement réhabilités, se sont effondrés sous la violence des secousses, emprisonnant des milliers d’habitants sous les décombres. Le bilan provisoire fait état d’au moins 589 morts, de plusieurs milliers de blessés et de dizaines de milliers de personnes portées disparues. Les nombreuses répliques enregistrées depuis la catastrophe font craindre une aggravation de ce bilan dans les jours et semaines à venir.
Au-delà des pertes humaines, le pays fait face à un effondrement de ses infrastructures essentielles. Hôpitaux, réseaux d’électricité et d’eau potable, voies de communication et installations aéroportuaires ont été gravement endommagés, compliquant les opérations de secours. Cette catastrophe survient alors que près de huit millions de Vénézuéliens dépendaient déjà d’une aide humanitaire avant le séisme.
La solidarité internationale s’est rapidement organisée avec l’envoi d’équipes de secours, d’aides financières et de moyens de cartographie satellitaire. De son côté, la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a décrété l’état d’urgence et annoncé un vaste programme de reconstruction.
Cependant, cette tragédie ne saurait être attribuée aux seules forces de la nature. Elle met également en lumière des décennies de sous-investissement dans les infrastructures publiques, de mauvaise gouvernance et de gestion contestée des ressources pétrolières. Si le séisme a été le déclencheur du drame, c’est la vulnérabilité accumulée au fil des années qui en a amplifié les conséquences. Au Venezuela, la catastrophe est autant géologique que politique.
KONE Boubacar
