Sur les artères de Korhogo comme sur celles de Bouaké, deux maires ont décidé d’en finir avec l’anarchie des motos et des tricycles. Lacina Ouattara, dit Lass PR, et le ministre Amadou Koné multiplient les initiatives pour ramener l’ordre sur des routes devenues, ces dernières années, parmi les plus meurtrières du pays. Une offensive conjointe qui, si elle porte ses fruits, pourrait devenir le modèle national de la sécurité routière.
Korhogo et Bouaké partagent un même mal : la prolifération incontrôlée des engins à deux et trois roues, devenus au fil des ans un facteur majeur d’insécurité routière dans ces deux métropoles du Nord et du Centre ivoirien. Face à ce constat, leurs premiers magistrats ont choisi de ne plus se contenter de discours, mais d’agir, chacun avec sa méthode, mais avec la même détermination.
À Korhogo, Lass PR sur le terrain
Le maire de Korhogo ne dirige pas sa croisade depuis son bureau. Lacina Ouattara, dit Lass PR, arpente lui-même les voies de sa commune, casque à la main, pour sensibiliser les conducteurs de deux-roues. Une pédagogie de terrain doublée d’une fermeté assumée : en appui avec les forces de l’ordre, les motos en infraction sont désormais systématiquement mises en fourrière. Le message est clair : à Korhogo, la sécurité routière n’est plus négociable.
À Bouaké, Amadou Koné frappe fort
Dans la capitale du Gbêkê, le ministre Amadou Koné a lancé sa police municipale sur les traces des amateurs de rodéos, très prisés les jours de mariage ou de baptême. Mais l’action ne s’arrête pas à la répression des excès festifs. Le maire a engagé un vaste chantier d’identification des motos-taxis, avec l’objectif de sortir cette activité de l’informel et de l’encadrer durablement.
Une traque plus large contre les contrevenants au code de la route est également en cours et devrait, selon des sources proches du maire, se durcir dans les prochaines semaines. Non-port du casque, non-respect des feux tricolores, absence de rétroviseurs, conduite dangereuse : rien ne devrait plus échapper aux contrôles. Certaines sources évoquent même la possibilité, à terme, de fermer certaines voies aux engins à deux et trois roues si l’indiscipline persiste. Une grande campagne de sensibilisation et de contrôle est annoncée pour le 12 septembre à Bouaké.
Une action ancrée dans la loi
Loin d’être de simples coups d’éclat, ces initiatives s’inscrivent pleinement dans les prérogatives légales des collectivités territoriales en matière d’organisation de la circulation routière dans les communes, ainsi que dans le cadre fixé par la loi portant orientation du transport intérieur (LOTI). En s’attaquant frontalement à l’incivisme routier, Lass PR et Amadou Koné endossent pleinement leur rôle d’agents de développement local, au service de la sécurité et du bien-être de leurs administrés.
Un enjeu de vies humaines
L’urgence n’est pas qu’administrative, elle est humaine. En 2025, les accidents de la route ont fait plus de 1 200 morts en Côte d’Ivoire, dont environ un tiers , plus de 400 personnes parmi les usagers de deux et trois-roues. Soit, en moyenne, plus d’un mort par jour sur les routes ivoiriennes. Un bilan qui donne toute sa légitimité et toute son urgence au combat mené par les deux édiles.
Bouaké et Korhogo, futurs modèles nationaux ?
L’enjeu dépasse le cadre des deux communes. Amadou Koné n’est pas seulement le maire de Bouaké : il préside également l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI). À ce titre, il avait promis, lors de sa campagne pour la présidence de la faîtière des collectivités territoriales en 2024, de porter la sécurité routière au rang de priorité pour l’ensemble des communes du pays.
Si les résultats obtenus à Korhogo et à Bouaké confirment leur promesse, ils pourraient bien servir de projet pilote pour l’ensemble des communes ivoiriennes. Une réussite qui enverrait, au-delà des deux villes, un signal fort dans la lutte nationale contre l’insécurité routière , à la hauteur, précisément, de l’engagement affiché par ces deux maires.
Avec Sercom
