À Ananguié, dans la sous-préfecture d’Adzopé, plus de 500 producteurs de cacao, des enfants, des chefs coutumiers et des leaders religieux se sont réunis vendredi pour dire non au travail des enfants dans la cacaoculture. Une campagne portée par le Comité National de Surveillance (CNS), sous l’impulsion de la Première Dame Dominique Ouattara, dont l’engagement dépasse largement la sensibilisation : éducation, santé, autonomisation des femmes, elle est devenue au fil des années la véritable avocate des planteurs et productrices de cacao de Côte d’Ivoire.
« Pour un cacao durable, disons non au travail des enfants ». C’est sous ce thème que le CNS, présidé par Madame Dominique Ouattara, a lancé le 28 août 2026 à Ananguié sa campagne annuelle de sensibilisation, organisée pendant les vacances scolaires en collaboration avec la Société Coopérative Simplifiée d’Ananguié (SCSAG). L’opération a réuni plus de 500 producteurs et productrices de cacao, ainsi que de nombreux enfants et des leaders communautaires venus d’Ananguié, de Biasso, d’Ahouabo, de Bouapé et d’Escaf.
Une filière à protéger, une réputation à préserver
La rencontre avait un objectif clair : rappeler aux communautés que la protection des enfants est une condition essentielle à la pérennité de la filière cacao et à la préservation de la réputation du cacao ivoirien sur les marchés internationaux. Consultant national chargé de la lutte contre le travail des enfants au Cabinet de la Première Dame, M. Amany Konan, principal intervenant, a d’abord salué l’engagement des producteurs avant de détailler les enjeux économiques et sociaux de l’élimination du travail des enfants.
Il a rappelé que plus de 67 % du cacao ivoirien est exporté vers l’Union européenne et que le cacao représente plus de 74 % des produits exportés par la Côte d’Ivoire vers les États-Unis. Or les exigences des marchés internationaux évoluent : les pays consommateurs renforcent leurs normes et conditionnent désormais l’accès à leurs marchés au respect de critères environnementaux, économiques et sociaux. La traçabilité du cacao, notamment l’absence de travail des enfants, devient ainsi un enjeu majeur pour l’avenir de la filière.

« Chers parents producteurs, il faut comprendre que nous ne pouvons plus continuer de cultiver le cacao comme nous le faisions par le passé. Les choses ont changé. Nous devons respecter les droits des enfants et mettre fin au travail des enfants », a insisté M. Amany Konan.
L’accent a particulièrement été mis sur les travaux dangereux interdits aux enfants : manipulation de pesticides, herbicides, fongicides, insecticides et autres produits agrochimiques. L’orpaillage, qui expose lui aussi les enfants à d’importants risques sanitaires, a fait l’objet d’une mise en garde particulière. Les parents ont été invités à ne pas confier à leurs enfants des tâches trop pénibles ou dangereuses, susceptibles de compromettre leur santé, leur développement ou leur scolarité.
Dominique Ouattara, une action de terrain qui va bien au-delà de la sensibilisation
C’est peut-être là que réside la singularité de l’engagement de la Première Dame : loin de se limiter à des campagnes d’information, Madame Dominique Ouattara a construit, années après années, un véritable écosystème de protection et d’accompagnement des familles de planteurs. M. Amany Konan a ainsi rappelé plusieurs réalisations concrètes portées par la Première Dame dans le cadre de son combat contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants.
Sur le plan éducatif, elle a initié la construction de salles de classe et de cantines scolaires dans les zones rurales vulnérables, garantissant à des milliers d’enfants de planteurs l’accès à l’école plutôt qu’au champ. Sur le plan économique et social, le Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) qu’elle a mis en place contribue directement à l’autonomisation économique des femmes de cacaoculteurs, un levier essentiel pour améliorer les conditions de vie des familles et réduire la pression économique qui pousse parfois les enfants au travail.

Son action s’étend également à la protection des victimes, avec la construction de centres d’accueil et de transit pour les enfants victimes de traite et d’exploitation à Soubré, Ferkessédougou et Bouaké, ainsi que la maison « Safe Home » d’Adiaké, dédiée à la protection des femmes victimes de violences. Sur le plan sanitaire enfin, l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara de Bingerville offre des soins spécialisés aux femmes et aux enfants, complétant ainsi une politique globale où sensibilisation, éducation, santé et autonomisation se répondent pour bâtir, autour du cacao, un avenir plus juste pour les enfants et les femmes des zones productrices.
Pour le CNS, la campagne d’Ananguié s’inscrit dans l’intensification de ces efforts. Elle vise à renforcer la prise de conscience des communautés sur les conséquences du travail des enfants et à rappeler que la place de l’enfant est d’abord à l’école, dans un cadre familial et communautaire protecteur. Au-delà de l’action des pouvoirs publics, la lutte contre le travail des enfants repose aussi sur la responsabilité de l’ensemble des acteurs de la filière : producteurs, coopératives et leaders communautaires.
Plus de 500 kits scolaires distribués
La campagne a également accordé une place importante à la scolarisation, avec la distribution de plus de 500 kits scolaires aux enfants issus de familles de cacaoculteurs vulnérables. Les meilleurs élèves du primaire ont, pour leur part, reçu des tablettes éducatives, un geste destiné à les encourager dans leurs efforts scolaires et à rappeler l’importance de la réussite éducative.
Au nom des producteurs de café-cacao, le président du Conseil d’administration de la SCSAG, M. Assépo Charles, a exprimé la reconnaissance de la coopérative envers la Première Dame, saluant son engagement en faveur du bien-être des enfants et des familles de producteurs, ainsi que son action pour préserver la réputation du cacao ivoirien. Selon lui, le message transmis par M. Amany Konan a été entendu par les populations. Il a réaffirmé le soutien de la coopérative et de ses membres aux actions du CNS et leur volonté de prendre une part active à la lutte contre le travail des enfants.

Les populations d’Ananguié sollicitent la Première Dame
Au-delà de la question du travail des enfants, la rencontre a été l’occasion pour les populations d’Ananguié de faire entendre leurs préoccupations. Par la voix de M. Assépo Charles, elles ont sollicité l’appui de la Première Dame pour l’accès du village à l’eau potable, Ananguié ne disposant pas, à ce jour, d’un réseau d’eau courante. Les populations souhaitent également voir leur localité érigée en sous-préfecture. Une autre demande a été formulée avec insistance, reprise avec ferveur par l’assistance : celle de voir la Première Dame, Madame Dominique Ouattara, effectuer une visite à Ananguié.
Organisée avec la SCSAG, en partenariat avec le Conseil du Café-Cacao et l’Association Les Amis de San Pedro, la campagne a enregistré la participation du représentant du sous-préfet d’Adzopé, du directeur régional de l’Agriculture d’Adzopé et du délégué régional du Conseil du Café-Cacao d’Agboville.
La rencontre s’est achevée dans une atmosphère festive, entre danses traditionnelles et prestations d’artistes de la région de la Mé, autour d’un même message : protéger les enfants, c’est aussi préserver l’avenir de la filière cacao ivoirienne et perpétuer l’œuvre d’une Première Dame devenue, au fil des ans, la voix des planteurs et des femmes de Côte d’Ivoire.
Philippe KOUHON
