Dominique Ouattara aux jeunes filles ivoiriennes : « N’ayez jamais peur de rêver grand »


À travers le lancement de la campagne nationale « Une Fille qui Apprend, Une Femme qui Gagne », la Première Dame a appelé les jeunes filles à croire en leur potentiel et à conquérir les filières scientifiques, technologiques et les postes de responsabilité. Portée par la Banque mondiale, cette initiative vise à mobiliser l’ensemble de la société ivoirienne autour de l’éducation, de la protection et de l’autonomisation des filles et des femmes.

Abidjan a vécu, ce jeudi 4 juin 2026, un moment fort en faveur de la promotion des droits des filles et des femmes. À la salle des Fêtes du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, la Première Dame, Dominique Ouattara, a procédé au lancement officiel de la campagne nationale « Une Fille qui Apprend, Une Femme qui Gagne », une initiative de la Banque mondiale destinée à accélérer les investissements en faveur de l’éducation, de l’autonomisation économique et de la protection des filles.

Placée sous son Haut Patronage, la cérémonie a réuni plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles Maimouna Koné, épouse du Vice-Président de la République, Kandia Kamara, Présidente du Sénat, des membres du Gouvernement, des diplomates, des partenaires au développement ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile.

Prenant la parole devant une assistance nombreuse, Dominique Ouattara a salué l’engagement de la Banque mondiale et particulièrement celui de Marie-Chantal Uwanyiligira, Directrice des Opérations de l’institution pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo.

« Cette initiative nationale a pour objectif de mobiliser les institutions publiques, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, la société civile, les universités, les médias et les citoyens autour d’une ambition commune : faire de l’investissement en faveur des filles et des femmes un moteur de transformation sociale et économique », a déclaré la Première Dame.

Trois priorités pour changer durablement le destin des filles

Dominique Ouattara a expliqué que la campagne repose sur trois axes majeurs : l’éducation, l’inclusion financière et la protection des filles. Sur le volet éducatif, elle a rappelé les actions menées depuis près de trois décennies par la Fondation Children of Africa. Parmi les réalisations citées figurent le Lycée d’Excellence de Kong et le Groupe Scolaire d’Excellence Children of Africa d’Abobo.

« Ces réalisations ne sont pas de simples infrastructures. Elles traduisent notre conviction que l’école demeure le premier espace d’émancipation pour les jeunes filles », a-t-elle souligné.

La Première Dame a également mis en lumière les résultats du Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), créé en 2012. Selon elle, plus de 430 000 femmes ont déjà bénéficié de ce programme.
« Une femme soutenue dans son projet économique devient un moteur de développement pour toute sa communauté », a-t-elle affirmé.

Abordant la question de la protection des femmes et des filles, elle a évoqué la Maison des Femmes « Safe Home » d’Adiaké, inaugurée en avril 2025 pour accueillir et accompagner les victimes de violences basées sur le genre. « Nous ne pouvons pas parler d’autonomisation sans parler de protection. Les deux avancent ensemble », a insisté Dominique Ouattara.

« Osez les sciences, osez la technologie »

Le moment le plus marquant de son intervention est intervenu lorsqu’elle s’est directement adressée aux jeunes filles ivoiriennes. Dans un message rempli d’espoir et d’encouragement, la Première Dame les a invitées à croire en elles et à poursuivre leurs ambitions sans complexe.

« Votre éducation n’est pas une faveur que l’on vous accorde. C’est un droit que vous devez défendre et une force que vous devez cultiver. N’ayez jamais peur de rêver grand, d’oser, de créer, de diriger. Osez les sciences, osez la technologie, osez les responsabilités. Mais n’osez jamais renoncer », a-t-elle lancé sous les applaudissements.

Avant de déclarer officiellement ouverte la campagne, Dominique Ouattara a réaffirmé son engagement en faveur de toutes les initiatives visant à améliorer les conditions de vie des filles et des femmes. « Quand une fille apprend, une femme gagne. Quand une femme gagne, une famille progresse. Quand une famille progresse, une communauté se renforce. Et quand une communauté se renforce, c’est toute une nation qui avance », a-t-elle déclaré.

Pourquoi la Banque mondiale a choisi Dominique Ouattara

Intervenant au nom du Gouvernement, Anne Désirée Ouloto, Ministre d’État, Ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, a expliqué les raisons qui ont conduit les initiateurs de la campagne à solliciter le parrainage de la Première Dame.
Elle a salué près de trente années d’engagement social et humanitaire au service des populations les plus vulnérables à travers la Fondation Children of Africa, créée en 1998.

Selon la ministre d’État, Dominique Ouattara incarne aujourd’hui une référence en matière de protection des enfants, de promotion des droits des femmes et d’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant.

« Une promesse devenue un mouvement »

Plus tôt dans la cérémonie, Marie-Chantal Uwanyiligira a rendu un hommage appuyé à la Première Dame pour son soutien à cette initiative. « Madame la Première Dame, sans vous, nous ne serions pas ici aujourd’hui. Nous avons commencé cette initiative il y a un an et, simplement parce que vous nous avez prêté votre nom, nous avons déjà enregistré plus de 70 engagements. Une promesse est devenue une campagne ; une campagne est devenue un mouvement », a-t-elle déclaré.

À travers un témoignage personnel particulièrement émouvant, la responsable de la Banque mondiale a retracé son propre parcours et expliqué comment l’éducation a transformé sa vie. « Mon histoire n’est pas unique et elle ne devrait pas l’être. Nous voulons que des milliers d’autres filles puissent réaliser leurs rêves et atteindre leur plein potentiel », a-t-elle confié.

5,5 millions de raisons d’agir

Pour conclure, Marie-Chantal Uwanyiligira a lancé un appel à l’action en s’appuyant sur une projection démographique forte : la Côte d’Ivoire comptera près de 5,5 millions d’adolescentes à l’horizon 2050.
« Voilà pourquoi nous devons agir aujourd’hui. Parce qu’une fille qui apprend est une fille qui gagne », a-t-elle déclaré, tout en saluant les progrès enregistrés par le pays en matière de scolarisation des filles.

La cérémonie a également été marquée par plusieurs témoignages inspirants ainsi qu’un panel consacré au thème : « L’autonomisation des filles et des femmes en Côte d’Ivoire : pourquoi s’engager ? ».

Au-delà des discours, le lancement de cette campagne a surtout porté un message clair : l’avenir de la Côte d’Ivoire passe aussi par l’éducation, la protection et la réussite de ses filles.

Philippe Kouhon