Réuni ce jeudi 23 juillet 2026 au Palais de la Présidence, le Conseil National de Sécurité est longuement revenu sur la tragédie du pont Bafing. Visiblement marqué par le bilan humain de cet accident, le Président Alassane Ouattara a durci le ton face à l’incivisme routier et a chargé le Premier Ministre de reprendre en main, sans délai, le contrôle technique des véhicules et le respect du code de la route.
C’est un dossier que le Chef de l’État n’a pas voulu traiter à la légère. Lors de la réunion du Conseil National de Sécurité tenue ce jeudi 23 juillet 2026, le Président de la République est revenu, en des termes empreints de gravité, sur les accidents survenus sur les axes Niakara-Katiola et Touba-Biankouma, ce dernier ayant été le théâtre du dramatique accident du fleuve Bafing, où un car assurant la liaison Odienné-Yamoussoukro avait causé la mort de plusieurs dizaines de personnes.
Des condoléances, puis un constat sans détour
Avant toute chose, le Président Alassane Ouattara a tenu à exprimer, au nom de la Nation, ses condoléances et sa profonde compassion aux familles des victimes. Un geste que les Ivoiriens attendaient, tant l’émotion suscitée par ce naufrage routier avait été vive dans tout le pays, singulièrement dans la région du Bafing et du Tonkpi.
Mais au-delà de la compassion, c’est un constat sévère que le Chef de l’État a dressé. Le communiqué du Conseil National de Sécurité, signé par le Ministre Fidèle Sarassoro, Secrétaire Exécutif du Conseil, est sans ambiguïté : si plusieurs formes de criminalité sont en recul dans le pays, les accidents de la circulation, eux, restent une préoccupation majeure qui « devra faire l’objet d’une attention particulière ».
L’incivisme et les véhicules défectueux pointés du doigt
Le Président de la République n’a pas mâché ses mots. Il a vivement déploré l’incivisme de certains automobilistes qui ne respectent pas le code de la route, ainsi que la circulation persistante de véhicules défectueux sur les grands axes interurbains du pays. Une réalité que confirment de nombreux témoignages recueillis après l’accident du Bafing, où un pneu défectueux serait à l’origine de la perte de contrôle du véhicule.
Face à cette situation jugée intolérable, le Chef de l’État a donné des instructions fermes au Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Deux exigences claires se dégagent de ces recommandations présidentielles :
–Des contrôles techniques plus rigoureux des véhicules, notamment ceux qui assurent le transport interurbain de voyageurs ;
–La fin de la tolérance envers les actes d’incivisme sur les routes de Côte d’Ivoire.
Une interpellation directe des autorités compétentes
Le message présidentiel ne s’adresse pas qu’aux automobilistes. Il interpelle, en creux, l’ensemble de la chaîne de responsabilité en matière de sécurité routière : les services chargés d’édicter les réformes, ceux chargés de délivrer les visites techniques, mais aussi les forces de l’ordre censées faire respecter le code de la route sur le terrain. Car c’est bien là que le bât blesse, selon de nombreux observateurs : la Côte d’Ivoire ne manque pas de textes réglementaires en matière de sécurité routière, mais peine à en garantir une application stricte et constante sur ses axes routiers.
En donnant instruction au Premier Ministre de « prendre toutes les dispositions » nécessaires, le Président Ouattara semble ainsi vouloir passer d’une logique de réforme à une logique de résultats, avec une exigence clairement formulée : que de tels drames ne se répètent plus.
Un bilan qui interroge sur l’état des routes ivoiriennes
L’accident du fleuve Bafing, survenu le 13 juillet 2026 sur le pont du même nom, s’était soldé par un lourd bilan humain, 39 tués et 45 blessés, faisant de lui l’un des accidents de la route les plus meurtriers enregistrés en Côte d’Ivoire ces dernières années. Un drame qui avait ému le pays tout entier et relancé le débat sur l’état du parc automobile interurbain, la vétusté de certains véhicules et le laxisme dans l’application des contrôles.
En plaçant ce dossier au cœur des travaux du Conseil National de Sécurité, le Chef de l’État envoie un signal fort : la sécurité routière n’est plus seulement une affaire de circulation, mais une question de sécurité nationale à part entière, qui appelle une réponse coordonnée et durable de l’ensemble des acteurs concernés.
La rédaction de Afrikipresse
