Éléphants : Hervé Renard explique :  » Les avant-centres ne sont pas souvent bien servis « 


Le mardi 29 septembre 2026, la Côte d’Ivoire est difficilement venu à bout de la Somalie (2-0) dans le match de la deuxième journée des éliminatoires de la CAN 2027. En conférence d’après-match, le sélectionneur des Éléphants, Hervé Renard est revenu sur cette rencontre qui a failli plonger les supporters ivoiriens dans un grand mécontentement à travers une contre-performance au regard du statut de l’adversaire. Il dresse, par la même occasion, le bilan des deux matchs de son équipe.

Quelle analyse faites-vous de cette rencontre ?

J’ai vu une première mi-temps poussive avec beaucoup de suffisance et de maladresse. Il y a eu une meilleure réaction en seconde période. Comme beaucoup de fois dans le football moderne, on l’a vu en Coupe du Monde, les matchs se jouent dans les dernières minutes du temps réglementaire ou dans les arrêts de jeu, face à une vaillante équipe de la Somalie qui a joué son va-t-ou qui avait déjà posé beaucoup de problèmes à l’équipe de la Gambie. Certes la Gambie a gagné au Ghana donc ce sera un groupe tout sauf facile. J’ai vu Guinée Bissau-Nigeria : 3-0. Le football c’est parfois beaucoup plus difficile parce que nous le rend beaucoup plus difficile, nous ne mettons pas tout ce qu’il faut alors que nous sommes prévenus. Mais ce qu’il faut retenir c’est la persévérance et le résultat final parce que cela fait trois points et une victoire. 

–Avez-vous eu des doute à un certain moment donné de la rencontre ?

Nous avons toujours confiance en sachant qu’il y a eu beaucoup de coupures donc qu’il y aurait des arrêts de jeu conséquents. Maintenant, il faut toujours y croire, c’est le football, cela arrive souvent, il faut avoir les nerfs solides. Nous nous sommes parfois précipités, ce sont des choses qu’il faut rectifier mais c’était aussi l’envie de frapper fort, de bien faire mais en tout cas, nous n’avons pas été efficaces dans la finition. Il y un manque la concentration.

–Elye Wahi et Yoann Bonny ne marquent pas. Est-ce que vous allez toujours leur accorder du temps ou penser à d’autres jeunes qui frappent à la porte des Éléphants ?

Je suis obligé de penser à tout le monde. À chaque nouveau rassemblement, il y aura une nouvelle liste, tout dépendra des performances en club mais j’estime qu’il faut de la patience avec les attquants. Ils ne sont pas les seuls fautifs, ils n’ont pas été souvent bien servis. La première fois où nous avons réussi à faire un bon contrôle, c’est Rayan qui s’est retrouvé face au but, il était face au gardien. Il est facile de s’en prendre aux attaquants mais je pense que nous  devons faire beaucoup mieux pour les servir dans de meilleures conditions

-Au delà de la victoire est-ce que le fond du jeu vous a plu avec le respect des consignes techniques et tactiques?

La tactique je pense qu’il ne fallait pas etre un grand spécialiste pour savoir comment cette équipe de la Somalie allait bien jouer donc utiliser les côtés, faire attention aux transitions, que les joueurs numéros 7 et 9 étaient virevoltants. En première période, je l’ai, nous avons été trop suffisants dans les duels, quand il faut récupérer le ballon plus haut où il faut mettre beaucoup plus d’ingrédients. Nous avons réussi à être deux fois à 50 cm de la ligne et mettre le ballon à côté et en marquant le but beaucoup plus tôt, nous aurions rendu le match beaucoup plus facile. Il a fallu avoir une réaction jusqu’au bout, toujours y croire, persévérer et et cela a fini par payer dans la douleur.

-Quel commentaire pouvez-vous faire sur les entrées en jeu de Yann Gboho et de Bazoumana Touré ?

Ils ont fait une bonne entrée. Quand un adversaire après la 85e devient de plus en plus fatigué, c’est toujours un peu plus facile. Il y a ceux qui ont fait le travail et ceux qui ont continué à faire le travail en étant efficaces et la seule chose dont je suis satisfait, c’est que les deux entrants ont réussi à marquer donc c’est un groupe qui vit, il y a de la concurrence, il y a une bonne énergie entre eux. Maintenant il faut que cette émulation serve à tout le monde, chacun sera remis en question. 

Quel a été le message aux joueurs à la pause ?

Comme je l’ai dit, un match c’est jusqu’à la dernière seconde. On use l’adversaire qui utilise ses moyens, qui défend, qui lutte, qui se bat pour obtenir un nul ou une victoire avec toute son énergie mais c’est dans la durée que s’obtient la satisfaction. Je leur ai dit que c’est simplement insuffisant et que si nous restons sur ce rythme de sénateur, nous ne gagnerions pas ce match.

-Après deux matches, vos avant-centres n’arrivent pas à marquer. Quand on remonte à la Coupe du Monde, aucun n’a réussi à marquer. Le dernier en date qui a reussi à le faire c’était Sébastien Haller en éliminatoires de coupe du monde en mars 2025 contre la Gambie. Quelles sont les raisons de cette inefficacité et comment comptez-vous y remédier ?

Comme je l’ai dit, ils ne sont pas toujours bien servis, que la coordination entre le centre et celui qui doit réceptionner n’est pas bonne. Il va falloir trouver des connections qui soient meilleures. Un attaquant il doit savoir où doit aller le ballon, dans quelle zone afin qu’il se projecte le plus rapidement possible. Maintenant, moi je n’ai pas envie d’attaquer qui que ce soit. Le constat que vous faites est réel. Nous n’allons pas faire semblant de ne pas le voir mais il faut y croire, il faut persévérer. Il y a de nombreux attaquants qui ont eu du mal au début mais qui se sont révélés être très très efficaces. Il faut toujours être patient et mesuré en football.

-Quel regard portez-vous sur l’intégration des huit nouveaux joueurs sur l’aire debjeu ou en dehors du terrain ?

Je leur ai dit qu’à un moment, ils auront  leurs chances qu’il y a des joueurs qui avaient réalisé de belles choses et que quand le moment sera venu de leur donner cette l’opportunité, qu’ils soient capables de mettre une concurrence. Au niveau de l’état d’esprit, ils ont été bien accueillis, donc il y a un super état d’esprit. Avoir un bon état d’esprit c’est bon mais que cela ne fait pas gagner un match donc en plus de cela, il faut apporter plus de justesse. Dans ce match, je suis content pour Yann Gboho, un joueur pétri de qualités. Vous l’avez suivi à Toulouse où il a réalisé une très bonne saison. Il a changé de club et c’est la première fois qu’il porte le maillot de la Côte d’Ivoire. Merci à lui de nous avoir délivré en quelque sorte.

-Que pensez-vous de la prestation Malick Junior Yalcouyé sur les deux matchs ?

Je ne dirais pas satisfait mais très satisfait. J’ai regardé les statistiques du premier match c’est lui qui a parcouru le plus de kilomètres tout en étant efficace, en se déplaçant toujours entre les lignes, en étant toujours en mouvement, la seule chose que je lui ai reproché c’est de n’avoir pas marqué à un mètre de la ligne. Il fait penser à ces joueurs du milieu de terrain comme Vitinha au PSG toujours en mouvement et qui réussissent à faire des différences qui même après 90 minutes continuent de courir comme en début de match. Il est en train de se reveler comme un joueur important.

Propos recueillis par Adou Mel