Fin du PEQ au Québec : une erreur stratégique majeure, selon le patronat


La suppression du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) suscite de vives inquiétudes au sein du patronat. Dans un entretien qu’il a accordé à afrikipresse.com, Daye Diallo, vice-président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), qualifie cette décision d’« erreur stratégique majeure » qui fragilise l’économie québécoise, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

[Un coup dur pour le marché du travail]

Selon le vice-président du CPQ, la disparition du PEQ prive les entreprises d’un levier essentiel pour planifier leurs besoins en ressources humaines, alors que la demande en compétences spécialisées atteint un niveau critique. Cela entraîne des conséquences immédiates pour les entreprises québécoises : perte de travailleurs qualifiés, refus de contrats, report d’investissements ou encore ralentissement de la croissance. Dans certains cas, cette situation met même en péril la continuité des activités.

« Ce programme constituait une voie d’intégration rapide et efficace pour des travailleurs déjà établis au Québec, francophones et pleinement opérationnels », souligne Daye Diallo.

M. Diallo indique que les relations entre le patronat et les autorités, notamment le ministère de l’Immigration, sont délicates. Malgré des démarches auprès des autorités, les résultats restent jugés insuffisants. Les employeurs dénoncent un manque de cohérence dans les politiques migratoires, pointant du doigt des contradictions : d’un côté, la possibilité de recruter des travailleurs étrangers temporaires, et de l’autre, la fermeture de l’accès à la résidence permanente pour ces mêmes profils.

[Les revendications du CPQ pour relancer l’économie]

Face à cette situation, le patronat formule plusieurs propositions pour garantir un environnement stable et prévisible pour les entreprises : le rétablissement d’une voie rapide vers la résidence permanente, l’augmentation des seuils d’immigration et la prolongation des permis de travail des travailleurs déjà présents au Québec.

Pour faire évoluer la situation, le CPQ multiplie les actions visant à trouver des solutions durables permettant aux travailleurs étrangers de rester et de contribuer à l’économie québécoise : le maintien du dialogue avec les autorités et la participation à un recours impliquant entreprises et travailleurs étrangers contre le gouvernement fédéral.

À en croire Daye Diallo, le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), censé remplacer le PEQ, ne convainc pas le patronat. Dénonçant les seuils d’admission (environ 29 000 en 2026), jugés trop faibles, il fustige l’incertitude du programme pour les travailleurs quant à la reconduction de leur titre de séjour.

Sur le soutien que le patronat pourrait apporter aux travailleurs, Daye Diallo précise que l’organisation agit principalement comme porte-voix des entreprises. Son objectif est de conserver une main-d’œuvre qualifiée, déjà intégrée à la société québécoise. « Notre rôle est de défendre un environnement qui permette à ces talents de rester et de contribuer durablement à l’économie. », conclu-t-il.

Par Lassina Bamba