Football ivoirien : VAR, arbitrage, plaintes… le président Idriss Diallo s’explique

salaire minimum de 160 mille FCFA par joueur est désormais exigé aux clubs, à compter de l'année 2022.

L’arbitrage est apparu comme l’une des principales fausses notes du bilan du Comité exécutif sortant de la Fédération ivoirienne de football (FIF). Au cours des quatre dernières années, ce secteur a fait l’objet de nombreuses critiques, tandis que certains responsables de la Commission centrale des arbitres (CCA) ont été régulièrement pointés du doigt. Dans un entretien accordé à la presse à l’occasion de l’Assemblée Générale Ordinaire de la FIF, le président Idriss Diallo est revenu sur les questions liées à l’arbitrage et à l’introduction de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). S’il réfute certaines accusations, il reconnaît néanmoins que des progrès restent à accomplir et appelle les arbitres à poursuivre leurs efforts.

Le contexte de la VAR

La VAR est un processus. Nous avons engagé ce processus avec la FIFA il y a un an et demi. Il comporte plusieurs étapes et c’est Yéo Songuifolo qui en est le responsable. Nous avons franchi les différentes phases et effectué les essais nécessaires. Nous étions quasiment prêts, mais il nous manquait un outil essentiel.

Cet équipement a été acquis par l’État de Côte d’Ivoire à l’occasion de la CAN 2023. Je suis bien placé pour en parler puisque j’étais vice-président du COCAN et j’ai personnellement suivi ce dossier. La VAR a finalement été livrée à la RTI, mais certaines pièces manquaient et des problèmes logiciels devaient être résolus.

Aujourd’hui, toutes ces difficultés ont été réglées. La VAR est désormais à la disposition de la RTI. Comme il s’agit d’un outil destiné au football, nous espérons pouvoir l’utiliser dès la saison prochaine. Nous avons d’ailleurs mené une expérience lors de la finale de la Coupe nationale et cela a apporté une réelle plus-value. 

La VAR n’est pas la panacée

Je tiens toutefois à préciser que la VAR n’est pas la solution à tous les problèmes d’arbitrage. Dans plusieurs pays où elle est utilisée, les polémiques subsistent. En Angleterre, Arsenal vient d’être champion, mais certains de ses adversaires ont compilé des décisions arbitrales contestées pour remettre en cause ce titre. Cela démontre que, dans tous les championnats, des contestations peuvent exister. Lorsqu’un club estime avoir été lésé, il existe des procédures prévues pour faire valoir ses réclamations.

La vérité sur l’arbitrage ivoirien

J’ai interpellé le président de la Commission centrale des arbitres à la suite des nombreuses critiques relayées sur les réseaux sociaux. Lorsqu’il m’a présenté les statistiques, je lui ai demandé de les partager avec les Ivoiriens à travers une conférence de presse. Les chiffres montrent qu’il y a eu plus de 900 matches disputés pour seulement 12 réclamations officielles.

En termes de pourcentage, cela représente très peu. Il faut être sérieux. Certaines personnes utilisent ces situations pour dénigrer notre championnat. Nous devons arrêter de nous autoflageller. Nous n’avons pas honte d’être Ivoiriens et nous n’avons pas honte de la qualité de notre championnat. Certes, il n’est pas parfait, mais il reste un championnat de qualité. Sur plus de 900 rencontres, il y a eu 12 plaintes et certains veulent faire croire, à travers les réseaux sociaux, qu’il existe un problème généralisé.

Un pas vers la modernisation de l’arbitrage

Nous devons continuer à travailler avec humilité, sérieux et rigueur, avec également l’appui des journalistes. Venez apporter votre regard et vos analyses afin que nous progressions ensemble. Si le football ivoirien avance et devient plus performant, c’est dans l’intérêt de tous. Je me réjouis donc de l’arrivée de la VAR et j’espère que la saison prochaine se déroulera dans les meilleures conditions.

Il faut cependant rappeler que la VAR n’est qu’un outil d’assistance à l’arbitrage. Même avec la VAR, nous devons gérer plusieurs matches et plusieurs terrains lors d’une même journée. Des difficultés peuvent donc subsister. Mais nous ne devons pas nous focaliser uniquement sur cela. En revanche, il s’agit d’un pas important dans la modernisation de notre arbitrage.

Propos recueillis par Adou Mel