Golden Business Impact 7 : L’Afrique entrepreneuriale lance un appel à l’audace et à l’investissement


Plus de 2 000 participants réunis autour des défis du financement, de l’innovation et de la croissance des jeunes entreprises africaines. Abidjan a vibré le samedi 20 juin 2025 au rythme de l’entrepreneuriat africain.

À l’occasion de la 7e édition de Golden Business Impact, chefs d’entreprises, investisseurs, représentants d’institutions financières, jeunes diplômés et partenaires au développement se sont retrouvés dans la capitale économique ivoirienne pour réfléchir à l’avenir des petites et moyennes entreprises du continent.

Placée sous le thème : « Investir dans les jeunes entreprises africaines pour la nouvelle ère », cette rencontre de haut niveau a mis en lumière les défis persistants auxquels font face les entrepreneurs africains, tout en ouvrant la voie à de nouvelles perspectives de collaboration, d’innovation et de financement.

Défis

Malgré l’effervescence entrepreneuriale observée sur le continent, les obstacles restent importants. Selon le commissaire général de l’événement, Imran Diarrassouba, 2 freins majeurs continuent de ralentir la croissance des PME africaines : l’accès au financement et l’accès aux marchés.

Dans un contexte de transformation numérique rapide, les jeunes entreprises doivent sans cesse s’adapter pour rester compétitives et saisir les opportunités émergentes.

Dans cette dynamique d’ouverture régionale, plusieurs entrepreneurs venus notamment du Sénégal et du Bénin ont pris part à cette édition, dans l’objectif de renforcer les synergies économiques au-delà des frontières nationales.

Financement

Face à ces difficultés, AFG Bank Côte d’Ivoire s’est positionnée comme co-organisatrice de cette édition. Son directeur général, Daniel Touré, a déploré le fait que de nombreux projets prometteurs soient encore freinés par des mécanismes de financement inadaptés aux réalités des jeunes entrepreneurs.

S’inspirant de la vision du fondateur du groupe bancaire, Koné Dossongui, il a partagé une citation marquante : « Il y a dans la détermination quelque chose qui oblige parfois le destin ».

Poursuivant, il a insisté sur 3 piliers essentiels de la réussite entrepreneuriale : l’intégrité, l’ambition et la détermination. L’ntégrité constitue le socle de toute réussite durable, l’ambition doit repousser les limites du possible, et la détermination reste le moteur principal de la transformation d’une idée en entreprise viable.

Pour illustrer le rôle central des PME, Daniel Touré a cité l’exemple de l’Allemagne, où elles représentent la colonne vertébrale de l’économie et assurent une forte stabilité de l’emploi.
Il a encouragé la jeunesse entrepreneuriale en ces termes : « Osez », rappelant que l’échec est souvent une étape formatrice dans tout parcours de réussite.

Leadership

Invité de marque, le député-maire de Yopougon, Adama Bictogo, a salué les parcours de grandes figures du secteur privé ivoirien, notamment Kacou Diagou et Koné Dossongui.

A l’en croire, ces leaders incarnent la capacité des nationaux à s’imposer dans des secteurs stratégiques et à contribuer activement à la transformation économique du pays.

Revenant sur la peur de l’échec, il a rappelé que toute réussite passe par un processus d’apprentissage progressif. « Un enfant qui naît, avant de marcher, fait du quatre pattes. C’est pareil pour le business », a expliqué Adama Bictogo.

Partageant son expérience personnelle, il a révélé avoir démarré ses activités avec un capital de 600 000 FCFA, soulignant que la réussite dépend davantage de la vision et de la persévérance que des moyens financiers initiaux. « Parfois, le banquier ne finance pas le projet. Il finance votre engagement, la confiance que vous inspirez et votre implication personnelle », a-t-il précisé.

Innovation

Le panel consacré à l’accompagnement des PME a permis d’approfondir la réflexion sur les modèles de financement en Afrique. Le PDG de Bloomfield Investment Corporation, Stanislas Zézé, a appelé à repenser les approches classiques du financement entrepreneurial.

L’Afrique doit développer ses propres modèles adaptés à ses réalités économiques plutôt que de reproduire des standards importés. Il a rappelé que les banques interviennent généralement dans les phases de croissance des entreprises, et non dans leur phase d’amorçage, d’où la nécessité d’innover pour mieux accompagner les jeunes pousses dès leurs débuts.

Réussite

L’expérience de l’entrepreneur béninois Aziz Yerima, cofondateur de la fintech Paydunya, est venue illustrer concrètement les possibilités de réussite en Afrique. Créée avec un capital initial de 400 000 FCFA, son entreprise réalise aujourd’hui plusieurs milliards de francs CFA de volume d’affaires. Il a encouragé les jeunes entrepreneurs à ne pas craindre l’échec. « L’échec ne peut pas être une raison de ne pas se lancer », a-t-il déclaré.

Aziz Yerima a également recommandé l’apprentissage continu, le mentorat et la structuration en consortiums afin de renforcer la crédibilité des entreprises et faciliter l’accès aux financements importants.

Notons que l’Afrique dispose d’un vivier de talents entrepreneuriaux considérable, mais nécessite des mécanismes de financement et d’accompagnement mieux adaptés.

Par la qualité des intervenants et la richesse des débats, cette 7e édition de Golden Business Impact confirme le rôle croissant de la capitale économique ivoirienne comme hub régional de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Une correspondance particulière de JM