La capitale économique ivoirienne accueille du 11 au 12 juin 2026 la troisième édition de la Conférence du Réseau international sur la transition énergétique africaine (Inaet), une plateforme de dialogue réunissant responsables politiques, institutions financières, universitaires, industriels et experts autour des défis énergétiques du continent.
Organisée par la société énergétique Eni en collaboration avec la Luiss school of government et le groupe de la banque mondiale, cette rencontre de haut niveau se déroule sous le haut patronage du ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie dirigé par Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
Au cœur des échanges : la nécessité pour l’Afrique de construire une transition énergétique adaptée à ses réalités économiques, sociales et démographiques, loin d’une simple reproduction des modèles développés ailleurs.
Lors de la cérémonie d’ouverture de l’Inaet 2026, le jeudi 11 juin, Essé Kouamé Bienvenu, représentant le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a estimé que la tenue de cette conférence en Côte d’Ivoire traduit la place grandissante qu’occupe le pays dans le paysage énergétique africain.
Selon lui, l’Afrique dispose d’atouts considérables, notamment d’importantes ressources naturelles, d’un potentiel exceptionnel en énergies renouvelables et d’une population jeune capable de soutenir une forte croissance économique. Toutefois, le continent doit simultanément relever plusieurs défis majeurs, parmi lesquels l’accès universel à l’énergie, l’industrialisation, la résilience climatique et la création d’emplois pour la jeunesse.
« Pour l’Afrique, la transition énergétique doit être juste, pragmatique et inclusive », a-t-il insisté, plaidant pour une approche combinant valorisation des ressources naturelles, notamment le gaz, et accélération des investissements dans les énergies renouvelables, l’innovation technologique et le renforcement des compétences locales.
Il a également mis en avant la stratégie énergétique ivoirienne portée par le Président de la République, Alassane Ouattara, qui vise à concilier sécurité énergétique, croissance économique et durabilité environnementale. Les découvertes récentes des gisements Baleine et Calao sont ainsi présentées comme des leviers de financement du développement et de la transition énergétique du pays.
Précarité énergétique
Intervenant au nom de la Commission africaine de l’énergie de l’Union africaine, Yagouba Traoré a rappelé les paradoxes du continent africain.
Alors que l’Afrique exporte des minerais indispensables à la transition écologique mondiale et concentre près de 40 % du potentiel mondial en énergies renouvelables, des centaines de millions de personnes restent privées d’accès à l’énergie.
« 560 millions d’Africains vivent encore sans électricité et près d’un milliard n’ont pas accès à des solutions de cuisson propres, ce qui illustre l’ampleur du défi énergétique auquel le continent demeure confronté », a noté le chef de la division des politiques, stratégies et appui de la commission africaine de l’énergie (Afrec).
Recherche, données et intelligence artificielle…
Pierre-Albert Assouhoun a insisté sur l’importance de rapprocher recherche académique et action publique afin de produire des solutions concrètes pour le secteur énergétique africain.
Le responsable de la Société financière internationale (Sfi) a souligné que les travaux de recherche menés dans plusieurs pays africains ont déjà contribué à orienter certaines réformes tarifaires et mécanismes d’incitation à l’investissement.
Il a également mis l’accent sur le rôle stratégique des données dans la transformation du secteur énergétique. Malgré les volumes importants d’informations générés chaque jour, une grande partie demeure encore insuffisamment exploitée.
À travers l’initiative Africa Energy Data Initiative, la Sfi accompagne plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire, dans la mise en place de dispositifs permettant de valoriser les données tout en garantissant leur confidentialité.
À en croire Pierre-Albert Assouhoun, l’essor de l’IA ouvre désormais de nouvelles perspectives pour accélérer l’analyse des données et améliorer la prise de décision dans les politiques énergétiques.
Il a par ailleurs salué les efforts de la Côte d’Ivoire, notamment le Programme Électricité Pour Tous (Pept), qui a permis le raccordement de près de 800 000 ménages au réseau électrique, un modèle susceptible d’inspirer d’autres pays africains.
L’Inaet 2026 va également servi de cadre au lancement du « Réseau sur les bioénergies en Afrique », une initiative conjointe d’Eni et de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena). Ce nouveau mécanisme de coopération vise à soutenir le développement des biocarburants durables et à promouvoir les priorités africaines en matière de bioénergie.
Pendant deux jours, les participants vont échanger sur les moyens de mobiliser davantage d’investissements, de renforcer les partenariats et d’accélérer une transition énergétique capable de répondre aux besoins de développement du continent tout en respectant les impératifs climatiques mondiaux.
Une correspondance particulière de JM
