Logistique russe : les ports ouest-africains plus exposés


Le 6 septembre 2026, le Lady Mariia, cargo russe sanctionné par les États-Unis et associé au transport de matériel militaire, a été attaqué par plusieurs drones en Méditerranée après avoir quitté Oran (Algérie). L’auteur de la frappe reste inconnu. L’incident rappelle toutefois un risque pour l’Afrique de l’Ouest : Moscou utilise désormais plusieurs ports civils de la région pour approvisionner ses forces au Sahel.

Un navire sanctionné pris pour cible

Le Lady Mariia (IMO 9220641), roulier exploité par la société russe MG-Flot, a été visé entre la Crète et la Libye. Des images montrent plusieurs drones larguant des charges sur le navire, provoquant des dégâts sans le couler. L’origine de l’attaque n’a pas été officiellement établie.

Le bâtiment appartient à une catégorie de navires commerciaux russes sanctionnés dont certains participent directement à la logistique militaire de Moscou. Cette confusion croissante entre transport civil et approvisionnement militaire expose aussi les infrastructures qui les accueillent.

Conakry et Lomé intégrés à la logistique russe

En janvier 2025, à Conakry, deux cargos russes sous sanctions ont débarqué une importante cargaison de chars, blindés et véhicules destinés au Mali. Le matériel a ensuite rejoint Bamako par la route.

Le dispositif s’est élargi en juillet 2026. Le Mikhail Britnev, lui aussi sanctionné par Washington, a accosté à Lomé avec environ 50 véhicules et équipements militaires destinés à l’Africa Corps au Mali. Le convoi a traversé le Togo puis le Burkina Faso avant d’atteindre Bamako.

Moscou étend ainsi sa chaîne militaire jusqu’aux façades maritimes du golfe de Guinée. Pour les États côtiers, laisser leurs ports servir de relais à des navires sanctionnés n’est plus une simple affaire commerciale : cela engage directement leur sécurité maritime et leur souveraineté.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
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