Qualifiée au terme du barrage intercontinental face à la Jamaïque, la République Démocratique du Congo (RDC) a décroché son billet pour la Coupe du monde 2026 après 52 ans d’absence. Ce retour inattendu fait d’elle l’une des grandes curiosités de cette édition aux yeux de nombreux observateurs. À l’inverse, le Ghana, quadruple champion d’Afrique et habitué de la compétition, cherche à renouer avec son prestigieux passé après plusieurs années de résultats en demi-teinte.
Groupe K : la RD Congo veut faire oublier 1974
Au terme d’éliminatoires longues, difficiles et éprouvantes, conclues par une qualification en barrage, la République Démocratique du Congo a validé son retour en phase finale de la Coupe du monde, 52 ans après sa seule participation, en 1974, sous l’appellation de Zaïre. À l’époque, les Léopards avaient quitté la compétition sur un bilan catastrophique de trois défaites, 14 buts encaissés et aucun inscrit. En 2026, l’objectif est clair : effacer ce douloureux souvenir et, si possible, franchir pour la première fois le cap du premier tour.
Le principal artisan de ce renouveau se nomme Sébastien Desabre. Le technicien français a redonné espoir à tout un pays en reconstruisant progressivement une sélection compétitive. Arrivé à la tête des Léopards en 2022, l’ancien entraîneur de l’ASEC Mimosas a façonné un groupe capable de rivaliser avec les meilleures nations africaines, comme en témoigne sa quatrième place à la CAN 2024, suivie d’une qualification historique pour le Mondial.
Dans la patience et la continuité, Sébastien Desabre a bâti une équipe solide, disciplinée et solidaire.
Son secteur offensif repose sur des joueurs rapides et puissants tels que Yoane Wissa, Meschack Elia, Cédric Bakambu, Fiston Mayele et Simon Banza. À ceux-ci s’ajoutent les milieux Noah Sadiki, Samuel Moutoussamy et Ngal’ayel Mukau, les défenseurs Chancel Mbemba, Aaron Wan-Bissaka, Arthur Masuaku et Axel Tuanzebe, ainsi que les gardiens Lionel Mpasi, Mathieu Epolo et Timothy Fayulu.
Malgré ces atouts, les Congolais affichent encore certaines limites, notamment dans la création au milieu de terrain. Ils éprouvent parfois des difficultés à construire le jeu lorsque l’adversaire leur laisse la possession du ballon, une faiblesse qui pourrait leur coûter cher face à leurs adversaires du groupe K : le Portugal, l’Ouzbékistan et la Colombie. Lors de leur unique participation en Coupe du Monde, les Léopards n’avaient inscrit aucun but en 270 minutes de jeu, s’inclinant successivement 0-2 contre l’Écosse, 0-9 face à la Yougoslavie et 0-3 devant le Brésil.
Groupe L : le Ghana veut renouer avec son glorieux passé
Le Ghana dispute sa cinquième phase finale de Coupe du Monde après ses participations en 2006, où il avait atteint les huitièmes de finale, en 2010 avec un historique quart de finale, puis en 2014 et 2022, conclues par des éliminations dès le premier tour.
Pour cette édition, les Black Stars auront fort à faire dans un groupe composé de l’Angleterre, de la Croatie et du Panama. Les Ghanéens abordent surtout cette compétition avec un esprit de revanche après leur élimination de la CAN 2025, où ils avaient été l’un des grands absents. Cette contre-performance a servi d’électrochoc. Jordan Ayew et ses coéquipiers ont ensuite dominé leur groupe qualificatif devant Madagascar, le Mali, les Comores, la Centrafrique et le Tchad pour valider leur billet pour le Mondial.
Après quatre sélectionneurs en autant d’années, la fédération ghanéenne a finalement confié les rênes de l’équipe au Portugais Carlos Queiroz. Une mission délicate attend le successeur d’Otto Addo, qui devra rapidement imprimer sa marque tout en s’appuyant sur son immense expérience acquise à la tête de plusieurs sélections nationales.
Le technicien pourra compter sur son capitaine Jordan Ayew, meilleur buteur et cadre incontournable des Black Stars mais aussi sur Antoine Semenyo, Brandon Thomas-Asante, Elisha Owusu, Thomas Partey, Gideon Mensah ainsi que sur les gardiens Benjamin Asare, Lawrence Ati-Zigi et Joseph Anang. Un mélange d’expérience et de jeunesse qui nourrit de légitimes ambitions.
Néanmoins, plusieurs interrogations subsistent. Le changement de sélectionneur à quelques mois seulement du début de la Coupe du monde constitue une source d’incertitude. Carlos Queiroz, qui connaît encore imparfaitement son groupe, a enregistré un match nul et une défaite lors des rencontres de préparation. S’ajoutent à cela un état de forme parfois irrégulier et des tensions internes qui ont souvent perturbé la sélection.
Seize ans après avoir échoué aux portes des demi-finales en 2010, le Ghana entend retrouver les sommets. Les Black Stars savent qu’une nouvelle contre-performance sur la scène mondiale pourrait fragiliser leur dynamique avant les éliminatoires de la CAN 2027, qui débuteront dans les prochains mois.
Adou Mel
