Dans sa newsletter “ Le Maillon invisible ”, publiée sur LinkedIn, Wassilati Mbae, fondatrice de Agriinnov&co, pointe du doigt, les zones d’ombre de l’obligation “Nature” émise par Ecobank. Si elle salue l’engouement des marchés pour la biodiversité africaine, cette experte en stratégie, conception de systèmes agricoles et d’agro-transformation dénonce un manque de clarté qui ne profite qu’à ceux qui structurent ces instruments de financement.
La banque panafricaine Ecobank, basée à Lomé au Togo, a émis le 14 mai 2026 une obligation “Nature” d’un montant de 450 millions de dollars. Preuve de l’intérêt des marchés, les carnets ont enregistré 1,36 milliards de dollars d’intérêt soit trois fois plus la valeur nominale du bond.
Cette somme devrait servir à financer l’agriculture durable, l’agro-transformation et les infrastructures hydrauliques dans 24 pays africains. Cependant, Wassilati Mbae, dénonce l’absence d’information claire sur les pays bénéficiaires, les conditions et le taux de l’emprunt pour les agriculteurs, et sur la notion même de label “nature”.
Mme Mbae précise, par ailleurs, que cette obligation sert d’abord à racheter une première obligation (Subtainability) de 350 millions de dollars émise en 2021 par la banque et dont la maturité est arrivée à terme.
Avec le succès de l’obligation “Nature” d’Ecobank, Wassilati Mbae note un engouement des marchés à investir dans la biodiversité africaine. Toutefois, elle constate une absence d’information pour les emprunteurs finaux qui ne profitent qu’à ceux qui structurent ce type d’instrument de financement.
Yaya K
