Niger : le MPLJ multiplie les attaques contre l’armée

Mi-août 2026, le groupe rebelle toubou MPLJ, pro-Bazoum, a attaqué des positions militaires à Séguédine, dans le nord du Niger, faisant plusieurs morts. Ciblant l'oléoduc stratégique pour asphyxier la junte militaire, cette rébellion accentue la crise sécuritaire face à un pouvoir affaibli malgré l'appui des instructeurs russes d'Africa Corps.

Le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ), groupe rebelle favorable au président déchu Mohamed Bazoum, a attaqué à la mi-août 2026 des positions militaires à Séguédine, dans l’extrême nord du Niger. Plusieurs soldats ont été tués selon des sources sécuritaires, tandis que le mouvement revendique un bilan plus lourd et réclame le retour à l’ordre constitutionnel.

Séguédine : une attaque meurtrière dans l’extrême nord

Les 14 et 15 août 2026, des combattants du MPLJ ont visé des postes de sécurité mixtes et un camp de la Garde nationale à Séguédine, localité isolée du nord-est. Une source sécuritaire a fait état de « plusieurs morts » et d’importants dégâts, sans bilan précis. Le mouvement, lui, revendique au moins quinze militaires tués, des véhicules incendiés et des armes emportées, tout en affirmant n’avoir subi aucune perte. Au moment des faits, les autorités nigériennes n’avaient pas communiqué.

Le MPLJ, une rébellion qui vise le pétrole de la junte

Créé en août 2024 et dirigé par Moussa Kounaï, le MPLJ est l’un des fronts rebelles toubous du nord du Niger. Il exige la libération de Mohamed Bazoum, renversé en juillet 2023, et le retour à l’ordre constitutionnel. Sa stratégie est claire : frapper l’oléoduc de 2 000 km reliant les champs pétroliers de l’est au port béninois de Sèmè-Kpodji, ainsi que les installations de la compagnie chinoise CNPC. Cet oléoduc constitue la principale source de revenus du pouvoir. Niamey qualifie le groupe de « terroriste ».

Un partenaire russe cantonné à la protection du pouvoir

Depuis avril 2024, une centaine d’instructeurs d’Africa Corps sont déployés sur la base aérienne 101, à Niamey. Selon plusieurs observateurs, ils se consacrent à la formation, à la maintenance du matériel et au renseignement, sans accompagner les unités nigériennes sur le terrain. Or les défaillances s’accumulent : en janvier 2026, l’État islamique frappait l’aéroport de Niamey et cette même base 101. Le général Tiani avait pourtant salué l’action de ses « partenaires russes » après cet assaut. Deux ans après le putsch, la junte affronte désormais les jihadistes au sud comme une rébellion armée au nord.

Deux ans après avoir promis la « souveraineté sécuritaire », la junte de Niamey peut-elle encore protéger son pétrole et ses casernes ?

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

Sources : – Sahel Intelligence, « Niger : le groupe rebelle MPLJ cible de nouvelles installations pétrolières », février 2026
– Africa Defense Forum, « Les rebelles prennent pour cible les revenus pétroliers de la junte du Niger », février 2026
– Arab News FR (avec AFP), « Niger : plusieurs soldats tués dans des attaques d’un groupe rebelle dans le Nord », août 2026