Paix en Afrique de l’Ouest : L’appel d’Abidjan à investir dans les femmes et les jeunes


Réunis à Abidjan, au siège de la Banque africaine de développement (BAD), du mercredi 28 septembre au samedi 3 octobre 2026, les participants à la Semaine régionale de haut niveau sur les femmes, les jeunes et la paix ont appelé les États à renforcer leur engagement dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Les participants ont appelé les décideurs à faire de l’investissement dans les femmes et les jeunes un levier de paix durable. La déclaration d’Abidjan a été lue par la directrice exécutive de la Fondation Serenti et chargée de programme au Rasalao-Côte d’Ivoire, Dr Angèle Ouraga, en présence de Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique et de Myss Belmonde Dogo, ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté.

Elle préconise un investissement accru dans l’autonomisation économique des femmes et des jeunes et leur participation aux processus de paix. Prenant part au cours des échanges, Mamadou Touré a insisté sur la nécessité de « passer à l’action » et d’associer davantage les jeunes aux initiatives qui les concernent. Les participants, venus de plusieurs pays africains, ont réaffirmé leur attachement aux résolutions des Nations unies consacrées aux femmes, à la paix et à la sécurité, ainsi qu’aux résolutions 2250, 2419 et 2535 relatives aux jeunes, à la paix et à la sécurité.

La déclaration relève plusieurs facteurs de fragilité dans la région : conflits, extrémisme violent, déplacements forcés, inégalités de genre, chômage des jeunes, changements climatiques, migrations et difficultés socio-économiques.

Elle appelle les États à accroître les investissements publics et privés en faveur de l’emploi des jeunes et de l’autonomisation économique des femmes, notamment dans les zones rurales, frontalières et affectées par les conflits. Elle recommande également de renforcer la formation technique et professionnelle et la participation des femmes et des jeunes aux mécanismes de prévention des conflits.

Les organisations régionales, les partenaires techniques et financiers et le secteur privé ont été invités à accroître les financements et à faciliter l’accès au crédit et aux opportunités d’investissement.

Les participants ont préconisé enfin des pactes régionaux pour l’emploi, les compétences, l’entrepreneuriat et la résilience économique. « Investir dans les femmes et les jeunes, c’est investir dans la paix, la sécurité et la résilience », conclut la déclaration.

Olivier Dion

Légende : Les femmes et les jeunes ont signé la Déclaration d’Abidjan.