Patrick Viera le nouveau sélectionneur des Lions du Sénégal ne dispose pas encore de contrat formel et définitif avec la Fédération Sénégalaise de Football. Le Franco-sénégalais bénéficie pour l’instant d’un accord de principes. Dans cet entretien, Malang Sané, journaliste de Sport News Africa -accrédité à la CAF et à la FIFA- évoque des discussions chaudes entre les membres du comité exécutif de la fédération pour le choix de Patrick Viera. Il parle également du salaire et des avantages accordés au sélectionneur.
L’objectif assigné à Patrick Viera est de qualifier le sénégal pour la CAN 2027 mais surtout l’amener en finale et à la coupe du monde 2030.
Malang Sané, comment avez-vous appris la signature de Patrick Vieira à la tête des Lions du Sénégal et que pouvez-vous nous révéler sur les termes de cet accord ?
Bonjour Afrikipresse et aux amateurs du bon football. Eh bien, Dieu a permis que je sois le 1er journaliste à annoncer qu’un accord a été trouvé entre les deux parties le 3 août 2026 à partir des informations reçues de nos sources proches du dossier.
Avec un salaire de 35 millions FCFA par mois sur 4 ans, ce contrat tourne autour d’une vision 2030 permettant au coach Viera de réaménager un tant soit peu l’équipe nationale du sénégal et réussir une transition générationnelle entre les anciens et les nouveaux joueurs qui arrivent.
Que leur reproche-t-il ?
Je ne dirais pas qu’il leur reproche quelque chose mais au regard aujourd’hui de l’environnement de l’équipe nationale du sénégal, je trouve que c’est normal. Si le coach a émis ce souhait, il est de son droit d’avoir une main mise sur son vestiaire, sur sa troupe. C’est tout à fait normal qu’il veuille assainir l’entourage, en demandant aux autres de partir, puisque ces personnes qu’on a nommées plus haut, personne ne vous dira au sénégal, leur rôle exact dans le staff de l’équipe nationale.
Pour le développement et la réussite de l’équipe nationale, ces choses ne doivent pas continuer comme ça. On ne peut pas avoir des personnes dans l’entourage de l’équipe nationale, sans poste spécifique. Pour moi, si Patrick Viera a émis le souhait d’écarter ces personnes-là, je pense que c’est tout à fait logique, pour une équipe qui se respecte.
La rencontre entre les membres du comité d’urgence et Patrick Viera a duré de longues heures, pourquoi ?
D’abord, il faut préciser que le nouveau sélectionneur, Patrick Viera n’a pas pris part à cette réunion. C’était une réunion du comité d’urgence. Après le comité exécutif, il y a un mois, la Fédération Sénégalaise de Football a donné mandat à son président et à son secrétaire de faire des démarches pour remplacer Pape Thiaw. Ces émissaires ont trouvé un accord avec Patrick Viera et ensuite convoqué une réunion de comité d’urgence pour leur faire part de la trouvaille et l’accord conclu avec le pressenti Patrick Viera.
En résumé, c’était une réunion entre les membres du comité d’urgence de la Fédération Sénégalaise de Football.
La réunion a été longue, parce que certains membres du comité d’urgence n’étaient d’accord sur quelques aspects de la nomination de Viera. Il y a eu aussi la composition du staff. Pour certains membres, il n’était pas question de donner carte blanche au coach Viera de constituer son propre staff, parce qu’ils voulaient maintenir d’anciens collaborateurs, dans l’objectif d’avoir un regard sur ce qui serait fait par l’équipe de Viera et qu’ils voulaient que l’adjoint du coach soit forcément un sénégalais qui serait l’oeil et l’oreille de la Fédération.
Pape Thiaw avait souhaité que son salaire de 30 millions de FCFA soit revu à la hausse. Le ministère et la Fédération avaient dit ne pas être à mesure de payer un tel montant, mais avec Viera nous sommes à 35 millions. Pouvez-vous nous expliquer la raison ?
Je précise que l’ancien ministre des Sports n’avait pas eu réticence à valider les 30 millions de salaire de PapeThiaw. Pour parler de comparaison, je dirais que Pape n’avait pas une grande expérience quand il venait prendre les commandes de l’équipe nationale, par contre Patrick Viera a un bon Back-ground. Disons-le tout net, on ne peut pas comparer Pape Tbiaw et Patrick Viera. Même si le dernier n’a pas réussi avec les clubs qu’il a eu à entraîner, il a quand même une longue expérience de haut niveau. C’est donc compréhensible qu’il ai une différence au niveau du salaire. Mais précisons que Pape Thiaw avait certes un salaire de 30 millions, mais il avait une prime trimestrielle. Ce qui faisait qu’il se retrouvait avec 40 millions de FCFA.
Patrick Viera souhaiterait changer de capitaine, pourquoi ?
Le changement dans le rôle du capitaine, c’est normal. Un nouveau sélectionneur a le droit de choisir son capitaine, ça se passe dans le football, ce n’est pas problématique. Tout dépendra de ce qu’il attend de son capitaine. Soulignons également que l’ancien des Lions est quasiment en fin de carrière. C’est donc normal et logique que le coach envisage de changer de capitaine et de donner la responsabilité à la nouvelle génération. Il est de son rôle et de sa responsabilité et surtout de sa mission première de réussir ce qu’on appelle la transition générationnelle.
Une villa à Saly, une voiture de fonction, du carburant et 10 billets d’avion pour ses déplacements. Vous confirmez ?
Les avantages que vous évoquez sont, on va le redire, des avantages liés à son poste de coach, à sa fonction. Pape Thiaw a bénéficié des mêmes avantages. Certes à un certain moment, il y a eu ces soucis de refaire son contrat ce qui a fait qu’il n’avait plus de véhicule et logement sinon il en a bénéficié aussi.
Pour votre gouverne, sachez que Patrick Viera n’a pas besoin de maison de fonction, il en possède déjà une à Saly. Il bénéficiera certainement de prime de logement c’est tout.
Le nouveau sélectionneur ne souhaiterait pas également s’appuyer sur les cadres de la sélection.
À l’état actuel des choses, je ne saurais confirmer si M. Viera souhaiterait ne pas s’appuyer sur les cadres de la sélection. Je n’ai pas d’informations pour étayer cela. Mais disposer de son staff, c’est le minimum, je l’ai dit plus haut. C’est l’un des aspects qui a fait que la réunion des membres du comité d’urgence a duré de longues heures. Je souhaite personnellement qu’on lui donne carte blanche et s’il n’atteint pas les objectifs, on le limoge tout simplement. L’ essentiel c’est qu’il réussisse, sa mission.
Qu’on ne le limite pas dans la constitution de son staff et que demain s’il n’a pas de bons résultats qu’on le tienne pour responsable, des éventuels échecs.
Quelle est la vision de Patrick Viera pour sa mission ?
M. Viera veut miser sur une réforme, une nouvelle génération de joueurs. Une vision axée sur l’intensité et une efficacité devant les buts. Pour lui, l’équipe nationale du sénégal n’est pas trop efficace devant les buts. Depuis un certain temps, l’attaque sénégalaise baisse en intensité. Pour résoudre cela, il a proposé un projet autour de l’intensité du jeu Il veut s’appuyer sur une géneration de joueurs.
Qu’est-ce qui a pesé en faveur du nouveau caoch ?
Eh bien, ce qui a pesé en sa faveur, peut-être que l’on a pensé qu’il a tout gagné dans le football en tant que joueur avec la france et les grands clubs européens. Il est aussi longtemps dans le football sénégalais en tant qu’investeur, promoteur et formateur avec le statut de co-créateur de l’Institut Dianbar.
Quel est le premier objectif assigné à Viera, pour sa mission par la FSF ?
L’objectif assigné à Patrick Viera est de qualifier le sénégal pour la CAN 2027 mais surtout l’amener en finale et à la coupe du monde 2030.
Alain MARTIAL
