Dans ce village du Poro, une radio communautaire diffuse l’essentiel de ses programmes en sénoufo. Derrière le projet, un homme : Brahima Coulibaly, Directeur de la Communication de la Première Dame, qui a donné à la station le nom de sa défunte mère. Le samedi 5 septembre 2026, le président de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA), Pascal Brou Aka, est venu voir de près ce qui se joue là-bas.
La visite n’était pas programmée comme un grand rendez-vous officiel. Elle en a pourtant eu la portée. Au sortir d’une session de formation consacrée aux radios privées non commerciales de six régions , Bagoué, Folon, Hambol, Kabadougou, Poro et Tchologo , le président de la HACA a choisi de pousser jusqu’à Ponvogo.
Le village est celui où est né Brahima Coulibaly. Les deux hommes se connaissent par le métier : tous deux sont des professionnels de la communication. L’échange a été chaleureux, et il a commencé là où il devait commencer, dans le local de la radio.
Tchépé FM émet sur 101.4. Le nom n’a pas été choisi au hasard : c’est celui de la mère de son promoteur, disparue. Une manière de faire vivre une mémoire en même temps qu’une langue.
Car c’est bien de langue qu’il s’agit. Ici, on parle sénoufo à l’antenne. Les programmes sont conçus pour être compris par les habitants dans leur propre langue, ce qui change tout : l’information circule, mais le patrimoine culturel local circule avec elle. Dans une région où la transmission orale recule au rythme des générations, une radio qui parle sénoufo tous les jours fait un travail que personne d’autre ne fait à cette échelle. La station reste par ailleurs ouverte aux différentes obédiences religieuses de la communauté, sans exclusive.
Ce travail a un prix, et Brahima Coulibaly n’a pas caché les difficultés. Les coupures d’électricité intempestives restent le principal obstacle au quotidien : chaque délestage, c’est une émission interrompue, un auditoire perdu. D’où la doléance formulée devant la délégation, simple et concrète : un groupe électrogène, pour que la diffusion ne dépende plus des caprices du réseau.
Pascal Brou Aka a salué une initiative qui associe information de proximité et ancrage culturel. Il a encouragé l’équipe de Tchépé FM à poursuivre son engagement et à respecter rigoureusement son cahier des charges.
La délégation de la HACA a ensuite poursuivi son immersion dans le village, avec la visite de l’école primaire, du nouveau collège érigé par l’État de Côte d’Ivoire et du centre de santé. Autant de signes de la vitalité de Ponvogo et du fait qu’une radio communautaire, ici, ne parle pas dans le vide.
Philippe KOUHON, avec SerCom Fondation Tchépé
