Québec : Plamondon vainqueur mais à cinq sièges de la majorité, le CAQ à zéro


Le Parti québécois reprend le pouvoir après douze ans, la CAQ n’a plus aucun élu et les conservateurs obtiennent 19 sièges. Ce tableau fait observer que le scrutin du 5 octobre 2026 redessine le paysage politique du Québec et relance la question de la souveraineté.

Les faits et les résultats

Les élections législatives du 5 octobre 2026 ont mis fin au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) et ramené le Parti québécois (PQ) aux commandes après douze années dans l’opposition. En effet avec avec 28,02 % des suffrages valides, le
PQ de Paul St-Pierre Plamondon obtient 59 sièges sur les 127 de l’Assemblée nationale, contre 3 dans la législature sortante. Il demeure sous la majorité absolue, fixée à 64 sièges.

De son côté, le Parti libéral du Québec (PLQ) remporte 40 sièges, le Parti conservateur (PC) 19, Québec solidaire (QS) 9. La CAQ, qui dirigeait la province, n’a aucun élu, malgré ses 13,35 % des suffrages.

Paul St-Pierre Plamondon formera le gouvernement. Son programme place la souveraineté au cœur du débat. Il a évoqué un référendum sur l’indépendance, sans donner d’échéance, dans un environnement de tensions commerciales avec les États-Unis.

Perspectives

Au delà de l’alternance, le résultat remet la question constitutionnelle au premier plan et modifie les repères de la vie politique provinciale. Sans majorité absolue, le gouvernement péquiste devra chercher des compromis avec les autres formations pour chaque décision, et transformer son succès électoral en capacité de gouverner. Le chef indépendantiste n’a pas fixé de date pour la consultation, ce qui lui laisse le temps de bâtir des alliances à l’Assemblée.

Un référendum immédiat raviverait les débats entre Québec et Ottawa sur l’unité canadienne, les compétences provinciales et les conséquences économiques d’une séparation. Le premier ministre canadien Mark Carney devra composer avec un gouvernement dont le projet pose la question de l’avenir du Canada. Dans une période de turbulences commerciales et de recomposition des relations nord-américaines, cette situation pourrait compliquer une réponse fédérale unifiée.

La défaite de la CAQ soulève la question des raisons du désaveu des électeurs. Le PLQ redevient une force centrale, les conservateurs confirment une percée. Enfin, la victoire péquiste ne vaut pas mandat clair pour l’indépendance : le parti a recueilli 28,02 % des suffrages, et le scrutin exprime aussi le rejet de la CAQ et une fragmentation de l’électorat.

Lassina Bamba