Sous le haut patronage de la Première Dame Dominique Ouattara, la Côte d’Ivoire s’est dotée jeudi d’un nouvel arsenal contre le cancer. L’Institut Européen de Cancérologie ouvre ses portes à Bingerville, avec une ambition claire : offrir des soins d’excellence au plus grand nombre, sans que le portefeuille ne soit une sentence de mort.
Bingerville, le 25 juin 2026. Il était 11 heures ce jeudi matin lorsque la Première Dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara, a officiellement inauguré l’Institut Européen de Cancérologie (IEC) de Bingerville, en présence d’un parterre de personnalités politiques, médicales et diplomatiques. Une cérémonie sobre mais chargée d’émotion, marquée par les témoignages de patients et par un message d’espoir adressé aux 21 300 Ivoiriens diagnostiqués chaque année d’un cancer.
Un mal qui ne pardonne pas, une réponse qui s’organise
Les chiffres donnent le vertige. En Côte d’Ivoire, le cancer tue chaque année près de 14 000 personnes. Derrière ces statistiques, des familles brisées, des enfants orphelins, des vies brutalement interrompues. C’est face à cette réalité que le Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, Pierre Dimba, a rappelé l’engagement du gouvernement du Président Alassane Ouattara : modernisation des infrastructures, développement des ressources humaines qualifiées et déploiement de la couverture maladie universelle.
« L’Institut Européen de Cancérologie s’inscrit pleinement dans la dynamique de transformation de notre système de santé », a-t-il déclaré, saluant au passage le leadership de la Première Dame dont l’action a, selon lui, fait de Bingerville une véritable ville sanitaire.

L’IEC n’est pas né d’un jour. Lancé en 2019, l’institut avait ouvert ses premiers équipements de radiothérapie de dernière génération en 2024. Ce 25 juin 2026, c’est l’intégration d’une unité de chimiothérapie qui est officialisée, franchissant ainsi une nouvelle étape décisive dans sa montée en puissance. Et ce n’est pas tout : Jocelyn Akélé, Président du Conseil d’Administration de l’IEC, a annoncé l’ouverture prochaine d’un centre de médecine nucléaire, confirmant les ambitions régionales de la structure.
« C’est un projet à vocation régionale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, capable d’accueillir à terme 1 800 patients par an », a-t-il précisé, rendant au passage hommage aux partenaires techniques et financiers qui ont cru au projet dès ses premières heures.
Soigner sans discriminer : un choix éthique revendiqué
Ce qui distingue l’IEC dans le paysage médical ivoirien, c’est moins la sophistication de ses équipements que la philosophie qui les anime. L’institut propose des traitements à tarifs réduits, avec la même exigence de qualité qu’en Europe.
Un positionnement que Dominique Ouattara a tenu à saluer explicitement : « Il s’agit d’un choix éthique. » L’engagement social de l’institut se traduit également par un programme de soutien aux patients démunis et par un programme de formation du personnel médical ivoirien. Car comme l’a souligné la Première Dame, « soigner aujourd’hui, c’est bien ; mais former les médecins de demain, c’est encore mieux. »

Ce souci d’accessibilité se décline aussi dans un partenariat stratégique fraîchement signé entre l’IEC et l’Hôpital Mère-Enfant (HME) de Bingerville, inauguré en 2018 dans le cadre de la Fondation Children of Africa. L’HME, qui prend déjà en charge gratuitement 90 % des cas de cancers pédiatriques qu’il reçoit, élargit ainsi son offre de soins gratuits en radiothérapie au bénéfice des enfants les plus vulnérables. Ce nouveau partenariat vient compléter celui que l’HME entretient de longue date avec le Centre National de Radiothérapie et d’Oncologie (CNRAO).
La voix des patients : peur vaincue, espoir retrouvé
Le moment le plus saisissant de la cérémonie fut sans doute la prise de parole de Serikpa Bernard, Ambassadeur de la santé, s’exprimant au nom de l’ensemble des patients. Sa voix, posée mais habitée, a traversé la salle : « Tous les malades qui franchissent ces portes arrivent avec la peur, l’angoisse, la souffrance et l’idée de la mort. Et pourtant, il y a de l’espoir. »
Après avoir achevé son propre protocole de soins, il dit se sentir « bien mieux ». Il a salué non seulement la qualité des équipements, mais surtout celle de l’accueil : « L’établissement est certes doté d’infrastructures de pointe, mais le fait marquant ici, c’est la qualité de l’accueil. » Avant de conclure, il a lancé un appel aux malades encore dans le déni ou la résignation : « Le cancer n’est pas une fatalité s’il est dépisté précocement. »
Bingerville, ville sanitaire d’une Côte d’Ivoire qui se soigne
Le Député-Maire de Bingerville, Youssouf Doumbia, n’a pas caché sa fierté. En quelques années, sa commune est devenue un véritable pôle de santé : l’HME et maintenant l’IEC constituent un ensemble médical sans équivalent dans la sous-région. Il a rendu hommage au couple présidentiel pour cette transformation, saluant une vision « concrète et humaine ».
Et dans quelques mois, un nouveau centre national d’oncologie médicale doit voir le jour à Grand-Bassam, confirmant que la lutte contre le cancer est désormais une priorité nationale assumée, dotée de moyens et d’une stratégie de long terme.

Dominique Ouattara a conclu son allocution par un message direct aux malades et à leurs proches : « Vous n’êtes pas seuls. Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, le cancer peut se soigner et il est possible d’en guérir. » Des mots simples, portés par une conviction sincère et, désormais, par des murs qui existent.
L’Institut Européen de Cancérologie (IEC) est situé à Bingerville. Son Directeur Général est Alexandre Roquette.
Philippe KOUHON avec Yaya KANTÉ
