Songwriting camp de Coast To Coast à Abidjan : Douglas Moda, producteur brésilien, se confie sur son expérience 


Le songwriting camp international de Coast To Coast s’est déroulé à Abidjan du 28 septembre au 6 octobre 2026, en collaboration avec l’ambassade de France. Lors de la clôture du camp le lundi 5 octobre à la résidence de France, le  producteur brésilien et fondateur du label We4Music, Douglas Moda est revenu sur son expérience. Dans cette interview, il évoque les connexions musicales afro-brésiliennes, les nouvelles vibrations artistiques et ses réflexions sur l’impact de l’intelligence artificielle sur l’industrie musicale.

Pouvez-vous vous présenter et expliquer ce que vous faites dans la musique ?

Je m’appelle Douglas Moda, je suis producteur de musique depuis environ 15 ans. J’ai mon propre label au Brésil qui s’appelle We4Music. J’ai aussi une chaîne musicale au Brésil appelée We4Sessions. Et je suis ici en Côte d’Ivoire au camp de création de Coast To Coast, où je passe des moments formidables avec de nouveaux amis.

Le Brésil et l’Afrique partagent les mêmes racines sur le plan musical. Qu’est-ce vous a le plus surpris en venant en Côte d’Ivoire ?

C’est ma première fois, pas seulement en Côte d’Ivoire, mais ma première fois en Afrique. Quand je suis arrivé ici, j’ai découvert plein de rythmes différents. J’ai découvert de nouveaux genres musicaux, de nouveaux artistes. Nous avons des rythmes similaires au Brésil, comme à Bahia ou Salvador. Mais j’ai vu un pays d’une grande richesse sur le plan musical, culturel, et des rythmes.

Alors, comment s’est passé le camp pour vous ? Quelle a été votre expérience ?

C’est vraiment incroyable. En fait, le plus important pour moi dans un camp avec de nouvelles personnes et de nouveaux amis, c’est de voir des gens qui se soucient vraiment de la musique. Et ici, on se réveillait chaque jour avec des gens qui avaient à cœur de créer de la bonne musique. C’est la chose la plus importante. On avait cette énergie formidable chaque matin au petit-déjeuner, à discuter du morceau de la veille ou de la semaine. Donc oui, c’est une expérience formidable avec de nouveaux amis incroyables que je veux garder dans ma vie.

On parle de l’intelligence artificielle (IA) dans la musique et même dans l’écriture. En tant qu’artiste, votre avis sur le sujet ? 

On dispose de beaucoup d’outils d’IA différents pour la musique. Évidemment, je ne soutiens pas ceux qui vont supprimer mon travail, ma vie ou celle de mes amis. Mais il y a de bons aspects à utiliser en collaboration. Quand je parle de collaboration, c’est comme dire : « Allez voir les entreprises d’IA, ne rejetez pas tout, mais écrivez-leur pour leur dire comment faire ». Il faut les aider à créer un bon outil pour nous, les producteurs. Pas juste se dire : « Je ne veux rien savoir de ça, on s’en fiche ». Il faut être impliqué pour qu’on trouve ensemble une bonne place pour ces outils.

Et concernant la barrière de la langue ?

J’arrive presque à parler français. Quand vous parlez, je comprends. Mais oui, il y a beaucoup d’amis du Nigeria et d’ailleurs qui parlent anglais. Et il y a toujours quelqu’un dans la session qui parle anglais pour faciliter la communication. Dans d’autres cas, on utilise la traduction sur le téléphone portable et on y arrive. Quand on se demande ce qui est en train de se jouer ici, on se rend compte que c’est un nouvel art, un nouveau genre. Je suis vraiment tombé amoureux de ce pays.

Dernière question : qu’est-ce que ce camp peut apporter à votre propre musique et à vos créations ?

Je vais rentrer au Brésil en étant une autre personne. Avoir ce contact avec ces personnes formidables et chaleureuses va ouvrir ma perspective sur la musique, ouvrir ma vision. Je suis venu ici et je me sens tellement bien. J’ai reçu un accueil si chaleureux, des gens tellement adorables. C’est certain que ce voyage va changer ma vie.

Merci.

Merci beaucoup, j’apprécie. Merci infiniment, mon frère.

Entretien réalisé par Yaya K.