Abidjan devient le laboratoire des nouvelles sonorités urbaines mondiales, du 28 septembre au 6 octobre 2026, selon un communiqué. À l’occasion de ses 30 ans, le label Coast to Coast en collaboration avec l’ambassade de France en Côte d’Ivoire, organise un songwriting camp international réunissant une vingtaine d’artistes, compositeurs et beatmakers d’Afrique, d’Europe et d’Amérique latine.
Coast to Coast est un label iconique du hip-hop ivoirien, créé en 1996 par Jean-Marc Guirandou. Pionnier dans la promotion du rap, du R&B et du zouglou, le label a produit l’avant-garde du rap ivoirien notamment Almighty ou Garba 50. Repris par Cheikh-Louis Tall après la disparition de son fondateur en 2016, le label entre dans une nouvelle ère avec des signatures telles que Didi B et plus récemment l’Oiseau Rare.
Pour célébrer ses 30 ans, le label accueille pendant 9 jours une vingtaine d’artistes venus de France, du Brésil, du Nigeria, du Gabon, du Sénégal et de Côte d’Ivoire. Parmi les participants au Songwriting camp international (camp de création musicale internationale), figurent le phénomène rap Bilouki, la voix de l’Afro-pop Maud Elka, ainsi que les producteurs multiplatines SeySey (à l’origine du hit « Reine » de Dadju), StillNas, Puch’K, BGRZ et les figures du renouveau bouyon 1T1 et Ricky Bishop pour le compte de la France.
Le Brésil est également de la partie avec Douglas Moda, producteur d’exception spécialiste du baile funk et fort de sept nominations aux Latin Grammy Awards. Le continent n’est pas en reste. La star nigériane de l’Afrobeats 1da Banton, auteur du tube « No Wahala », la productrice avant-gardiste Sasy Afroshii (Fave, Qing Madi), le talent Afro-fusion Moonlight Afriqa, ainsi que le maître de la production gabonais Ntcham Elgor Beatz ont confirmé leur présence.
Pendant la durée du camp, ces artistes collaboreront au sein d’équipes mixtes, renouvelées chaque jour, aux côtés d’une sélection d’auteurs-compositeurs et d’artistes leaders de la scène urbaine ivoirienne, parmi lesquels Shado Chris, 2B, Dafé, Ameka Zrai, l’Oiseau Rare, Ayanne, ou encore Wantché.
Au-delà des collaborations artistiques, cet événement poursuit un objectif structurant pour l’industrie créative ivoirienne. Dans un contexte où les entreprises du pays souffrent de la faiblesse des revenus des droits d’auteur et de la non-monétisation de plusieurs plateformes digitales, ce camp œuvre pour la reconnaissance internationale de la qualité de la production ivoirienne.
La filière se structure aujourd’hui plus que jamais, voyant émerger aux côtés des labels historiques et des majors, de jeunes labels et entreprises d’édition musicale. Ce songwriting camp vient donc soutenir les actions menées par le ministère de la Culture et de la Francophonie ivoirien pour la structuration du secteur et le lobbying en faveur de la monétisation des plateformes de streaming dans le pays.
En marge des sessions de création, le camp s’ouvre aux professionnels de l’écosystème musical local à travers deux rendez-vous organisés en fin de résidence. Un panel professionnel à l’Institut Français le samedi 3 octobre, intitulé « Des quartiers aux dancefloors : Itinéraires de sons afro-caribéens » et une Listening Party de clôture, sur invitation, pour découvrir en avant-première les œuvres originales produites durant la semaine.
Yaya K avec Sercom
